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L’hôpital de la Pitié - Salpêtrière


47-83 boulevard de l’Hôpital – Métro Saint-Marcel, Gare d’Austerlitz, Chevaleret - Tel : 01 42 16 00 00

13e arrondissement

Devenue le plus grand hôpital parisien, la Salpêtrière est un ancien hôpital pour femmes misérables ou malades fondé au XVIIe siècle.

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L’hôpital de la Salpétrière - façade principale
©paris-promeneurs

Un ancien dépôt de poudre

Matériau fort dangereux, la poudre à canon est stockée dans un arsenal situé au faubourg Saint-Victor, à l’extérieur de la ville. La fabrication de la poudre nécessitant du salpêtre, c’est ce matériau qui va laisser son nom au lieu. Plusieurs bâtiments subsistent de cet ancien arsenal, dont l’actuelle buanderie de l’hôpital.

Un hôpital pour femmes

Sous Louis XIV, la construction d’un hôpital général destiné aux femmes pauvres, abandonnées, invalides ou folles est décidé en 1656. Mais nous verrons qu’à partir de 1680, l’hôpital censé recueillir et soigner les femmes va se transformer en véritable lieu de détention.

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L’hôpital de la Salpêtrière - La chapelle
©paris-promeneurs

Plusieurs architectes successifs

Plusieurs architectes renommés vont sur se succéder sur le chantier : Antoine Duval, Louis Le Vau, Libéral Bruant, Barthélemy de Dieppe, et enfin Germain Boffrand et Jacques-Antoine Payen.

Sur le boulevard de l’Hôpital, un pavillon d’entrée précède le bâtiment principal. La construction de la longue façade du bâtiment (215 m) commence en 1658. Au centre de la façade, le pavillon est percé d’un porche et mène à la chapelle accolée à l’arrière. Les travaux de l’aile gauche, l’aile Mazarin, commencent en 1658 sous la conduite de l’architecte Antoine Duval. A l’arrière, deux ailes parallèles à l’aile Mazarin complètent la composition : l’aile Montyon et l’aile Herney (cette dernière est un vestige de l’arsenal de 1634).

Le plan de l’aile droite, appelée aile Lassay, est proposé en 1729 par le grand architecte Germain Boffrand (1667-1754). Elle ne sera exécutée qu’en 1756 par l’architecte Jacques-Antoine Payen après la mort de Boffrand. Mais la composition initialement prévue ne sera finalement jamais achevée puisqu’il n’existe pas de pendant aux ailes Montyon et Herney derrière cette aile droite.

Enfin, vers 1780, le pavillon d’entrée qui précède la cour d’honneur est construit par Jacques-Antoine Payen.

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La chapelle de la Salpétrière : l’un des quatre bras et au fond le chœur éclairé par la coupole

Une chapelle originale par son plan

Dessinée par Louis Le Vau, la chapelle est exécutée à partir de 1670 par Libéral Bruant. Elle présente un plan carré en croix grecque, formée de quatre chapelles principales. Mais à chaque angle de la croix, une chapelle secondaire octogonale se greffe sur chaque chapelle. Ainsi, dans ce sanctuaire, on place séparément et sans difficulté hommes, femmes, garçons et filles, sans qu’ils se croisent. L’autel, éclairé par une coupole  , est placé au centre et visible de tous.

De l’hôpital général à la prison pour femmes

Dès 1680, Jean-Baptiste Colbert transforme l’hôpital de la Salpêtrière en maison de force. A partir de 1684, les prostituées malades et les femmes condamnées rejoignent l’établissement. L’architecte Barthélémy de Dieppe élève en 1684 la prison de la Petite Force au Nord de l’hôpital.

L’établissement accueille 4.000 femmes incarcérées qui sont encadrées par pas moins de 1.500 personnes. Au moment de la Révolution, 8.000 femmes y sont enfermées. Les hommes pauvres ou malades sont enfermés ailleurs, dans un grand hôpital situé au Kremlin-Bicêtre.

Un nouveau regard sur les malades

Après la Révolution, l’arrivée de Philippe Pinel (1745-1826), nommé médecin-chef, va enfin faire bouger les choses. Pinel réorganise l’hôpital et libère les aliénés. Il ne s’agit plus de les punir, mais de chercher à les aider à retrouver la raison.

Devenu "hospice de la Vieillesse-Femme" au XIXe siècle, l’établissement accueille toujours les indigents, les malades et les aliénées. En 1870, une partie des aliénées est transférée dans le nouvel hôpital Sainte-Anne.

En 1906-1910, l’ancien hôpital de la Pitié est reconstruit au Sud de l’hôpital de la Salpêtrière. Il est constitué d’un ensemble de pavillons en brique conçu comme une cité-jardin. En 1921, les dernières aliénées quittent la Salpêtrière.

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L’hôpital de la Pitié - L’un des pavillons en brique
©paris-promeneurs

La fusion des deux hôpitaux

A partir de 1930, des cliniques de spécialité forment des hôpitaux autonomes qui se juxtaposent dans l’enceinte de l’hôpital. En 1964, la fusion de la Salpêtrière et de la Pitié donnant naissance au Groupe Hospitalier de la Pitié-Salpêtrière.

Les agrandissements jusqu’à aujourd’hui

Dans la seconde moitié du XXe siècle, de nombreux bâtiments sont ajoutés. Ils ne forment toutefois pas un ensemble cohérent avec l’ancien hôpital, et leur qualité architecturale est souvent très contestable, voir absente. L’Institut de Myologie, également appelé bâtiment Babinsky, de l’architecte Pierre Riboulet, fait toutefois exception. Il annonce une nouvelle génération de bâtiments hospitaliers.

Au début du XXIe siècle, un Institut de Cardiologie et un Institut du Cerveau et de la Mœlle Epinière sont venus compléter les nombreuses divisions et pavillons existants. La Pitié-Salpêtrière est aujourd’hui une véritable ville dans la ville.

Les jardins et la magnifique chapelle de la Salpêtrière sont librement ouverts au public en journée. La chapelle sert parfois de cadre à des expositions d’art contemporain.

Pour l’architecte Libéral Bruant, voir également l’hôtel Libéral Bruant, l’hôtel des Invalides, l’église Saint-jacques du Haut Pas.

Pour l’architecte Louis Le Vau, voir également l’hôtel Lambert, le collège des Quatre Nations, le palais du Louvre, le palais des Tuileries, l’hôtel Bautru, l’hôtel Hesselin.

Pour l’architecte Germain Boffrand,voir également l’hôtel de Soubise, l’hôtel de Seignelay, l’hôtel Amelot de Gournay, l’hôtel de Beauharnais, l’hôtel de la Chancellerie d’Orléans, l’hôtel de Villars.

Pour l’architecte Jacques-Antoine Payen, voir également le Mont-de-Piété.

Pour l’architecte Pierre Riboulet, voir également l’hôpital Robert Debré, l’immeuble de logements avenue du Général Bizot.

Sources :
- Guide du promeneur 13e arrondissement, Gilles-Antoine Langlois, Parigramme, 1996.
- Guide du patrimoine Paris, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Hachette, 1994.


47-83 boulevard de l’Hôpital – Métro Saint-Marcel, Gare d’Austerlitz, Chevaleret - Tel : 01 42 16 00 00

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