L’église
de la Sainte-Trinité

L’église de la Sainte-Trinité

L’église de la sainte Trinité

Une mise en scène de l’espace urbain

Sous le Second Empire, l’Empereur Napoléon III souhaite embellir la partie ouest des Grands Boulevards. En 1861, la construction de l’église de la Sainte-Trinité démarre. En charge du projet, l’architecte Théodore Ballu (1817-1885) dispose d’un site de choix : il est situé dans l’axe de la rue de la Chaussée d’Antin. L’église doit être vue depuis l’arrière de l’Opéra Garnier. Ballu conçoit un véritable projet de place urbaine : l’église est au centre précédée d’une fontaine tandis que deux immeubles jumeaux encadrent l’église. Véritable mise en scène urbaine, des rampes latérales permettent aux fiacres de déposer les (riches) fidèles sous le porche central de l’église. Rare exemple parisien d’empiètement de l’art religieux dans l’urbanisme public, trois statues des vertus théologales, la Charité, la Foi et l’Espérance, surplombent la fontaine.

L’église de la Sainte-Trinité

L’église de la Sainte-Trinité

Un étrange clocher culminant à 63 mètres

Par son vocabulaire architectural, l’édifice est un des meilleurs exemples du style éclectique à Paris. L’élément le plus caractéristique est la tour clocher : elle superpose une forte tour carrée d’inspiration gothique surmonté d’un haut campanile ajouré octogonal inspiré de la Renaissance italienne. Au sommet, un petit dôme de pierre est coiffé d’une lanterne. Plus bas, ce dôme se répète en plus petit à chaque extrémité de la façade. Le tympan du porche central est orné de magnifiques laves émaillées illustrant le mystère de la Sainte-Trinité.

L’église de la sainte-Trinité : la nef

Un volume intérieur très lumineux

En entrant, on est d’abord frappé par l’importance du volume et sa clarté. La vaste nef est encadrée d’étroits bas-côtés surmontés de balustrades. A l’étage, de simples coursives remplacent les habituelles tribunes médiévales. Plus novateur, le système constructif est en fer mais reste invisible pour le visiteur. Une coque en briques peintes masque les arcs et poutres métalliques.

L’église de la sainte-Trinité : les piliers de la nef sont décorés à l’excès

Un décor jugé trop théâtral

« On s’y croit au salon, au concert, à la Chambre ! » se serait exclamé un abbé en entrant dans l’église… Il est vrai que la couleur et les éléments ornementaux sont très présents : colonnade de faux marbre vert, mosaïques polychromes, médaillons et compartiments de la voûte abondamment décorés. Les amateurs de peintures des années 1878-1880 se délecteront en visitant les chapelles des bas-côtés. Remarquable, le grand orgue de Cavaillé-Coll (1868) a été tenu de 1931 à 1992 par le grand compositeur Olivier Messiaen. L’église de la Sainte-Trinité est ouverte tous les jours au public.

L’église de la sainte Trinité : le chœur

Pour l’architecte Théodore Ballu, voir également la maison Ballu, l’église Saint-Joseph-des-Nations, l’église Saint-Ambroise, l’Hôtel de Ville, le beffroi de Saint-Germain-L’Auxerrois, l’église du Saint-Esprit, l’église Sainte-Clotilde, l’église du Saint-Esprit.

Sources :
Goldemberg (Maryse), Guide du promeneur 9e arrondissement, Paris, Parigramme, 1997.
Guide du patrimoine Paris, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Paris, Hachette, 1994.

Adresse : place d'Estienne d'Orves

Métro : Trinité

Arrondissement : 9e

Téléphone :