Le couvent des Minimes (vestiges)

Le couvent des Minimes (vestiges)

Dessinée par François Mansart et achevée par Pierre Thévenot, l’église du couvent des Minimes a été démolie à l’exception de quelques vestiges.

Le couvent des Minimes - La façade

Le couvent des Minimes – La façade

Un ermite, Saint François de Paule (1416-1507), fonde à l’âge de 19 ans l’ordre des Minimes (les « tout petits ») dont la mission est l’exercice de la charité. L’ordre est reconnu par le pape Sixte IV en 1474.

A Paris, les minimes s’installent d’abord à Chaillot. En 1609, ils achètent un terrain au nord de la place des Vosges, situé sur une partie des jardins de l’ancien hôtel des Tournelles. En 1623, l’église est presque terminée, à l’exception de la façade.

A partir de 1657, l’architecte François Mansart (1598-1666) est chargé de bâtir la façade. Il propose un dessin qui aurait déjà été conçu pour l’abbaye du Val-de-Grâce – projet dont Mansart a été évincé par Anne d’Autriche.

Ce projet comprend une façade à trois niveaux utilisant les ordres antiques, deux pavillons surmontés de dômes aux extrémités, et un dôme sur tambour à la croisée du transept. Il est prévu de détruire le pavillon de la Reine pour que la façade soit visible de la place des Vosges. C’est cette façade qui est illustrée sur la gravure d’après Jean Marot.

Vestige du couvent des Minimes

Vestige du couvent des Minimes

François Mansart n’exécute que le premier niveau. Après sa mort, l’architecte Pierre Thévenot achève le projet de 1672 à 1677 : à la demande des religieux, il élève le 2e niveau et supprime les dômes du projet initial, par mesure d’économie.

L’église est vendue pendant la Révolution et démolie en 1798. Transformés en caserne, les bâtiments conventuels sont à leur tout détruits en 1911 et remplacés par une caserne de gendarmerie, œuvre de Louis Varcollier. Aujourd’hui, il subsiste une partie d’un pavillon et l’infirmerie du couvent.

Au n°12 rue des Minimes, on identifie très bien la partie basse d’un des deux pavillons qui terminaient la façade de l’église : ce pavillon a conservé ses pilastres doubles d’ordre dorique. A l’arrière, l’infirmerie du couvent , reconstruite en 1677 par Pierre Thévenot, est encore visible dans la cour. Sur la façade subsiste un intéressant cadran solaire. A l’intérieur, un bel escalier en fer forgé est conservé.

Pour l’architecte François Mansart, voir également l’hôtel de la Vrillière, l’hôtel de Guénégaud, l’hôtel Carnavalet, le couvent des Feuillants, la Bibliothèque nationale, le monastère du Val-de-Grâce, le temple de la Visitation Sainte-Marie.

Sources :
– Le Marais, évolution d’un paysage urbain, Danielle Chadych, Parigramme, 2010.
– Guide du patrimoine Paris, Jean-Marie Pérouse de Montclos, Hachette, 1994.