Le Palais Rose (démoli)

Le Palais Rose (démoli)

Le palais Rose : façade sur l’avenue de Malakoff

Le rêve d’un aristocrate français

Le comte Boniface de Castellane (1867-1932), surnommé Bony, épouse en 1895 à New-York Anna Gould, la fille d’un magnat des chemins de fer. La jeune fille est réputée fort laide et le comte s’amuse à dire fort méchamment « Elle est plus belle, vue de dot ! ». Sa fortune va permettre à l’aristocrate français de redorer son blason et de se faire construire un somptueux palais à Paris. Le site choisi est l’avenue de l’impératrice (future avenue Foch). A deux pas du bois de Boulogne, elle est l’un des lieux favoris de la haute société. L’architecte Paul-Ernest Sanson, réputé pour la construction de grandes demeures, édifie entre 1896 et 1902 le plus beau palais parisien de la Belle Epoque dans un style classique inspiré du Grand Trianon à Versailles. En forme de U en plan, le Palais Rose présente un certain nombre de similitudes avec le Grand Trianon : les grandes baies en plein cintre, les pilastres de marbre rose (qui lui donneront son nom) mais ce sont surtout les décors intérieurs qui sont restés inoubliables.

Le palais Rose : le grand vestibule

Des décors dignes du palais de Versailles

A l’intérieur, le palais est éblouissant par la somptuosité des matériaux et des décors. L’entrée se fait par l’avenue de Malakoff : la cour d’honneur précède le gigantesque vestibule. Couvert d’une voûte surbaissée en anse de panier, il est entièrement habillé de marbre polychrome. Le vestibule communique avec l’escalier d’honneur, réplique fidèle du célèbre escalier des Ambassadeurs à Versailles. Conçu à deux rampes affrontées, il est réalisé en marbres polychromes.

Le palais Rose : le grand escalier imité de l’escalier des Ambassadeurs au château de Versailles

A l’étage noble, une galerie relie les deux pièces de réception : d’un côté le « Salon des Arts » est inspiré du « Salon de la Guerre » à Versailles ; il glorifie l’Architecture, la Peinture, la Sculpture et la Musique. De l’autre côté, la salle à manger est ornée de boiseries couleur vert d’eau inspirées du Pavillon Français du Grand Trianon: elle peut accueillir jusqu’à 150 convives. Achevé en 1902, l’hôtel comporte une centaine de pièces. Un petit théâtre de 150 places y est aménagé. Les jardins « à la française » sont confiés au grand paysagiste Achille Duchêne. Le Palais-Rose est le cadre de fêtes somptueuses où parfois jusqu’à 2.000 convives sont invités.

Le palais Rose : la façade sur le jardin

Un rêve de courte durée

Lassée par un mari ruineux et pressée par une famille inquiète, la comtesse de Castellane divorce en 1906. Elle épouse le propre cousin de son ex-mari, le duc Hélie de Talleyrand-Périgord. Beau joueur, Boni de Castellane écrit alors « Notre palais demeurera un spécimen de l’art de notre temps et assurera, je l’espère, une gloire durable à Sanson, son excellent architecte ». Vœu resté vain puisque le Palais Rose est démoli en 1969 malgré quelques protestations. Il est remplacé par un immeuble sans qualité.

Pour l’architecte Paul-Ernest Sanson, voir également l’hôtel Bischoffsheim, l’hôtel de Breteuil, l’hôtel Ephrussi, l’hôtel de Broglie, l’hôtel de Ganay, l’ hôtel Rodolphe Kann, l’ hôtel Maurice Kann, l’hôtel Porgès, l’hôtel de Voguë, l’hôtel de La Trémoille, l’hôtel Schneider.

Source :
Crosnier Leconte (Marie-Laure), Guide du promeneur 16e arrondissement, Paris, Parigramme, 1995.

Adresse : emplacement du 50 avenue Foch

Métro : Victor-Hugo

Arrondissement : 16e

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