Le musée Carnavalet
L’hôtel Le Peletier
de Saint-Fargeau

Le musée Carnavalet L’hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau
L'hôtel le peletier de Saint-Fargeau - La façade sur le jardin

L’hôtel le Peletier de Saint-Fargeau – La façade sur le jardin

L’architecte Pierre Bullet

Michel Le Peletier de Souzy (1640-1725, conseiller d’État et Intendant des finances, confie au grand architecte Pierre Bullet (1639-1716) l’édification d’un hôtel dans le Marais, en remplacement d’un hôtel précédent. L’hôtel se signale sur la rue par un beau portail à bossages décoré d’une guirlande de feuilles de chêne et d’un fronton triangulaire. Dans un cartouche, on reconnaît le chiffre de Michel Le Peletier : MLP. Bullet a probablement réutilisé des éléments de l’hôtel précédent comme le suggère la disparité entre la largeur des fenêtres de la façade principale sur cour et celle des fenêtres des ailes latérales. Fidèle à la tradition, l’hôtel est placé entre cour et jardin. La façade sur cour comporte seulement 4 travées. Elle est beaucoup plus étroite que la façade sur jardin, monumentale, comportant 10 travées.

L'hôtel le peletier de Saint-Fargeau - L'orangerie

L’hôtel le peletier de Saint-Fargeau – L’orangerie

La rigueur  du classicisme français

L’édifice exprime bien la rigueur de l’architecture française à cette époque : les seuls éléments décoratifs sont les agrafes sculptées couronnant les arcades contenant les fenêtres et portes, ainsi que les bandeaux horizontaux entre les étages. Sur le jardin, un avant-corps est placé au centre pour rompre la monotonie de la façade. Au-dessus, il est couronné par un fronton triangulaire dans lequel on reconnaît la figure du temps sous les traits d’un vieillard couché avec sa faux, rappelant la mort inéluctable qui attend l’homme. L’élément architectural le plus gracieux est l’orangerie construite perpendiculairement au logis, côté jardin (aujourd’hui le square Georges Cain). Elle est surmontée d’un comble brisé. Datant du XVIIe siècle, l’éblouissant escalier d’honneur de l’hôtel est conservé. Il possède avec l’une des premières rampes réalisées en fonte, et l’une des rares subsistant à Paris. Un salon Louis XIV, orné de boiseries blanc et or, est également conservé.

L'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau - L'escalier d'honneur

L’hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau – L’escalier d’honneur © DAC – Antoine Dumont

L’assassinat de Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau

Au moment de la Révolution, l’hôtel appartient à Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau (1760-1793), qui en a hérité en 1779. Ayant rejoint le Tiers-Etat et acquis à la cause du peuple, Saint-Fargeau vote la mort de Louis XVI dans la nuit du 19 au 20 janvier 1793. Le soir même, il est poignardé dans un restaurant du Palais-Royal par Philippe de Pâris. Cet ancien garde du corps du roi avait décidé d’assassiner le duc d’Orléans (qui vota lui aussi la mort de Louis XVI, son cousin) : comme il ne le trouva pas, il se vengea en tuant Saint-Fargeau. Au XIXe siècle, l’hôtel passa en diverses mains et fut morcelle, comme beaucoup d’hôtels du Marais. En 1863, il est affecté à la Compagnie générale de la poste aux paquets et aux transports internationaux. En 1895, il est acquis par la Ville de Paris pour y installer la Bibliothèque historique. En 1968, la Bibliothèque historique déménage à l’hôtel Lamoignon.

Le musée Carnavalet

En 1989, le musée Carnavalet inaugure dans l’hôtel Saint-Fargeau les collections de la période révolutionnaire, du XIXe et du XXe siècles. L’hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau est directement relié à l’hôtel Carnavalet par une galerie passant au-dessus du lycée Victor Hugo. Le public peut notamment y admirer plusieurs décors provenant d’édifice parisiens : la boutique du bijoutier Georges Fouquet réalisée en 1901 suivant le projet d’Alphonse Mucha; un salon particulier du célèbre Café de Paris; la salle de bal de l’hôtel de Wendel et ses fastueuses compositions murales peintes par José-Maria Sert. Le musée Carnavalet a été entièrement restauré et a rouvert ses portes en 2021.

Pour l’architecte Pierre Bullet, voir également l’hôtel de Brancas, l’église Saint-Thomas d’Aquin, la porte Saint-Martin, l’hôtel de Magny, l’hôtel Tallard, l’hôtel d’Evreux, le château de Champs-sur-Marne.

Sources :
Chadych (Danielle), Le Marais, évolution d’un paysage urbain, Paris, Parigramme, 2010.
Musée Carnavalet

Adresse : 29 rue de Sévigné

Métro : Saint-Paul

Arrondissement : 3e

Téléphone : 01 44 59 58 58