La Samaritaine
Paris Pont-Neuf

La Samaritaine Paris Pont-Neuf

La Samaritaine – Escaliers et fresques Art nouveau

LA SAMARITAINE : UNE RÉOUVERTURE TRÈS ATTENDUE

Ouverts en 1900, les Grands Magasins de la Samaritaine (voir notre article sur les Grands Magasins de la Samaritaine) ferment leurs portes en 2005 pour raison de sécurité. Propriétaire depuis 2001, le groupe LVMH ambitionne alors de restructurer les quatre magasins et de créer un programme mixte. Sont prévus un hôtel cinq étoiles Cheval Blanc (enseigne détenue par LVMH), un grand magasin (la Samaritaine Paris Pont-Neuf), des bureaux, des logements sociaux et une crèche. Après 16 années de fermeture, la nouvelle Samaritaine ouvrira enfin ses portes le 23 juin 2021.

La Samaritaine : la façade sur la rue de la Monnaie

UN CHEF D’ŒUVRE ART NOUVEAU PRÉSERVÉ

Le magasin n°2 est sans aucun doute le plus époustouflant. Il a été construit par l’architecte Frantz Jourdain entre 1903 et 1907 dans le style Art nouveau. Outre ses façades polychromes à motifs floraux, il abrite un vaste hall en charpente métallique entouré de six étages de galeries et coiffé d’une verrière. Menée par l’agence japonaise SAANA, sa restructuration complète s’est accompagnée d’une restauration minutieuse de ses éléments d’époque : fresques mosaïques, émaux, gardes-corps en fer forgé, verrière.

Cet ancien magasin sera dédié à la nouvelle Samaritaine Paris Pont-Neuf. Sur 20.000 m2, elle offrira une visibilité à 600 marques de mode (marques du groupe LVMH en priorité bien entendu), tout en y mêlant art de vivre et gastronomie.

La Samaritaine : l’extension Art déco donnant sur la Seine va devenir un palace, Le Cheval Blanc

UNE EXTENSION ART DÉCO AVEC VUE IMPRENABLE SUR LA SEINE

En 1925, l’architecte Henri Sauvage conçoit l’extension du magasin n°2. Donnant directement sur la Seine, elle magnifie le style Art déco avec des façades géométriques et des étages à gradins. Cette extension abritera le palace « Cheval Blanc » (date d’ouverture encore inconnue), projet confié à l’architecte Edouard François. Il comportera 26 chambres et 48 suites. Une piscine privée est même prévue pour la suite de 1.000 m2 située au 8e étage.

La Samaritaine : la façade ondulante du nouvel immeuble rue de Rivoli

UN GESTE CONTEMPORAIN CÔTÉ RUE DE RIVOLI

Le magasin n°4 (le moins intéressant d’un point de vue architectural) est celui qui a été le plus modifié puisqu’en grande partie rasé. Il occupe l’îlot compris entre la rue de Rivoli, la rue de la Monnaie, la rue de l’Arbre Sec et la rue Baillet, appelé « îlot Rivoli ». Seuls les immeubles d’habitation situés rue de l’Arbre Sec ont été conservés pour leur intérêt patrimonial (ils datent du XVIIe siècle). Ils ont été transformés en logements sociaux.

Pour cet îlot, l’agence japonaise d’architecture SAANA a imaginé des façades de verre ondulantes au gabarit similaire à celui des immeubles anciens de la rue de Rivoli (environ 24m de hauteur). Le projet a été pensé comme une réinterprétation contemporaine de la façade haussmanienne, tant par le matériau (du verre) que par la forme (un mouvement ondulatoire rythmant verticalement la façade). Ayant déclenché une levée de boucliers de la part d’irréductibles défenseurs du patrimoine, il a nécessité beaucoup de persévérance et de ténacité pour aboutir.

La Samaritaine : escalier Art nouveau ©La Samaritaine

Rétorquons d’ailleurs aux détracteurs que les magasins 1 et 3 de la Samaritaine (également situés le long de la rue de Rivoli) avaient déjà fait scandale par leur audace à l’époque de leur construction : bâtis en verre et en métal, ils constituaient déjà une rupture architecturale majeure avec les immeubles haussmanniens. Le nouveau magasin n°4 est donc une opportunité rare de renouer avec l’acte de créer au cœur de la ville et de montrer que Paris n’est pas figée dans un historicisme sclérosant. Ce bâtiment contemporain abritera 15.000 m2 de bureaux.

L’agence SAANA a reçu en 2010 le prestigieux prix Pritzker, considéré comme le « nobel » de l’architecture. Cette agence a également réalisé le musée du Louvre Lens (2009-2012).

Pour l’architecte Frantz Jourdain, voir également la Samaritaine de luxe.

Pour l’architecte Henri Sauvage, voir également les HBM des Amiraux, l’immeuble à gradins de la rue Vavin, l’immeuble d’HBM rue Trétaigne, la Cité de l’Argentine, le cinéma Gambetta-Palace, le Studio Building, l’immeuble Majorelle, les HBM Boulevard de l’Hôpital.

Pour l’architecte Edouard François, voir également la tower flower, la tour M6B2, Eden Bio, l’hôtel Fouquet’s Barrière, l’hôtel Cheval Blanc.

 

Adresse : 9 rue de la Monnaie

Métro : Pont-Neuf

Arrondissement : 1er

Téléphone :