L’hôtel de Botterel-Quintin

L’hôtel de Botterel-Quintin

L’hotel de Botherel-Quintin

Une architecture de style néoclassique

L’architecte François-Victor Pérard de Montreuil (1742-1821) est un élève de Pierre-Louis Moreau-Desproux et d’Etienne-Louis Boullée. Construit en 1780, l’hôtel de Botterel-Quintin est l’une de ses œuvres les plus charmantes. Le néo-classicisme de l’édifice s’exprime dans la rigueur et la simplicité des façades nues où la pierre est appareillée à refends. Plusieurs détails soulignent l’élégance de la réalisation : les consoles des fenêtres du 1er étage en forme de pommes de pain, la frise à spirales égayant la corniche et le perron surmonté d’un petit portique à colonnes toscanes. Le logis, double ne profondeur, est construit entre cour et jardin; il s’accompagne d’une aile à droite en retour sur la cour qui conduisait par un passage à une basse-cour.

L’hotel de Botherel-Quintin : porte d’entrée et porche

D’éblouissants décors intérieurs

L’hôtel conserve plusieurs décors exceptionnels. On cite sans certitude le nom de l’architecte et décorateur François Bélanger pour leur réalisation :
. La salle à manger ovale éclairée par une coupole vitrée. Douze demi-colonnes doriques entrecoupées de panneaux peints la décorent. Au plafond, une fresque mythologique pourrait être l’œuvre du sculpteur Pierre-Paul Prud’Hon.
. Un salon lambrissé et une antichambre au rez-de-chaussée.
. L’escalier orné de peintures de style pompéien.

L’hotel de Botherel-Quintin

Le comte de Botterel-Quintin

L’hôtel a été construit pour le compte de M. de Fréval mais l’usufruit de la propriété est cédé à Charles André de La Corée, intendant de Bourgogne. A sa mort, le comte René Christian Jérome de Botterel-Quintin, lieutenant des Gardes-Françaises, rachète l’usufruit en 1785. Collectionneur et mécène, c’est à lui qu’on attribue les embellissements intérieurs. L’hôtel va d’ailleurs conserver son nom.  Après son décès en 1819, l’hôtel est occupé un temps par la duchesse Guy d’Aumont. Vendu en 1824 à un entrepreneur, M. Gardie, puis vers 1835 à M. Paravey, la demeure perd sa vocation résidentielle à la fin du XIXe siècle au profit d’une occupation commerciale. Une partie des décors intérieurs a été vendue à cette époque.

L’hôtel de Botterel-Quintin est occupé par une société et ne se visite pas. Sa cour est librement accessible en semaine.

Pour l’architecte François-Victor Pérard de Montreuil, voir également l’enclos du Temple, le Carreau du Temple, l’hôtel Beauharnais, l’hôtel de Saint-Chamans.

Pour l’architecte François Bélanger, voir également le château de Bagatelle, la halle aux blés, la maison Morel de Chefdeville, l’hôtel Bélanger, les maisons Bélanger.

Sources :
Duclert (Ariane), Guide du promeneur 10e arrondissement, Paris, Parigramme, 1997.
Hillairet (Jacques), Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Editions de Monuit, réédition de 1997.
Guide du Patrimoine Paris, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Paris, Hachette, 1994.
Le faubourg Poissonnière : architecture, élégance et décor, Délégation à l’Action Artistique de la Ville de Paris, rédigé par Pascal Etienne, 1986.

 

Adresse : 44 rue des Petites Ecuries

Métro : Château d’Eau

Arrondissement : 10e

Téléphone :