L’hôpital Saint-Louis

L’hôpital Saint-Louis

L’hôpital Saint-Louis

Henri IV, un roi bâtisseur

Le roi Henri IV est un grand bâtisseur qui modernise la capitale pendant son règne. Il est à l’origine de la construction de la Petite Galerie et de la Grande Galerie du palais du Louvre, du Pont-Neuf, de la place Dauphine et de la place des Vosges. Henri IV souhaite transformer Paris en ville « moderne » et la doter de tous les équipements nécessaires. Depuis le Moyen Âge, Paris dispose de l’Hôtel Dieu sur l’île de la Cité où l’on soigne toutes sortes de maladies. Toutefois, le roi souhaite créer un établissement hors de la ville pour y accueillir les malades d’épidémies et les mettre en quarantaine. Un concours est lancé en 1607, les projets sont choisis par le roi et son ministre Sully.

L’hôpital Saint-Louis

Deux architectes de renom

Si le conducteur du chantier est Claude Vellefaux, l’architecte du projet est très probablement Claude Chastillon. Ce dernier est ingénieur des fortifications et topographe du roi. Dans son recueil posthume de gravures « Topographies françaises » publié en 1641 figure une vue d’ensemble de l’hôpital Saint-Louis. Il s’en attribue d’ailleurs la construction. On peut aussi remarquer la forte similitude entre l’austérité de son ordonnance et les constructions militaires de cette époque. L’établissement prend le nom de Saint-Louis en souvenir du roi Louis IX, décédé à Tunis d’une épidémie de peste en 1270 lors de la 8e croisade. Mais à peine sa construction terminée, l’hôpital Saint-Louis est désaffecté, la peste ayant disparu; il servira seulement épisodiquement.

L’hôpital Saint-Louis : au centre le quadrilatère avec son jardin intérieur, et autour les quatre bâtiments placés en équerre

Un lieu imité des grandes places fermées

L’hôpital est bâti dans le faubourg Saint-Martin à l’écart de la ville. Il dispose d’une enceinte et son accès n’est pas libre. Des jardins et potagers permettent d’y vivre en autarcie. Dans l’enceinte, quatre bâtiments en équerre sont placés en périphérie : ils sont occupés par les administrateurs et le personnel. Ces bâtiments définissent symboliquement l’espace de l’hôpital. A l’intérieur de ce périmètre, quatre ailes reliées par des pavillons d’angle forment un quadrilatère. Ce parti rappelle les grandes places fermées construites au XVIIe siècle en France comme celle d’Arras ou de Charleville-Mézières. Accompagnant l’hôpital, une chapelle classique (accessible par la rue de la Grange-aux-Belles) est achevée avant 1610.

L’hôpital Saint-Louis : le jardin central

Un magnifique ensemble brique et pierre

Certes un peu austère, le vaste quadrilatère forme un magnifique ensemble construit dans le style brique et pierre (en vogue au début du XVIIe siècle) au même titre que la place des Vosges. Du magnifique jardin central (librement accessible), on peut admirer les jeux de saillies formés par les pavillons centraux et les pavillons d’angle.

L’hôpital Saint-Louis

Un des principaux hôpitaux parisiens

A partir de 1772, Saint-Louis est élargi aux autres pathologies et devient permanent. Achevé en 1989, un hôpital moderne est élevé en deux tranches par les architectes Badani et Roux-Dorlut. La plupart des soins hospitaliers y sont transférés tandis que l’ancien hôpital abrite désormais l’administration. Saint-Louis figure parmi les hôpitaux parisiens les plus importants et les plus réputés avec la Pitié-Salpêtrière, Lariboisière, Saint-Antoine, Tenon, Cochin, Bichat-Claude Bernard, Robert Debré et Georges Pompidou.

L’hôpital Saint-Louis

Propice au repos, à la contemplation et à la lecture, le merveilleux jardin central de l’hôpital Saint-Louis est librement accessibles en semaine.

Sources :
Duclert (Ariane), Guide du promeneur 10e arrondissement, Paris, Parigramme, 1996.
Babelon (Jean-Pierre), Demeures parisiennes sous Henri IV et Louis XIII, Paris, Hazan, 1999.
Guide du patrimoine, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Paris, Hachette 1994.

Adresse : Rue Bichat

Métro : Goncourt ou Jacques Bonsergent

Arrondissement : 10e

Téléphone :