Ministère
des relations avec le parlement
L’hôtel de Clermont

L’hôtel de Clermont : la façade sur cour
La comtesse de Clermont
Cet hôtel particulier est bâti en 1713 par l’architecte Alexandre Le Blond (1679-1719). Il est destiné à Jeanne-Pélagie d’Albert de Luynes, marquise de Seissac, veuve du comte de Clermont-Lodève. A cause de l’étroitesse du terrain, l’architecte dispose une avant-cour entourée de communs, puis une cour d’honneur au fond de laquelle s’élève le corps de logis principal. L’hôtel est bâti entre cour et jardin selon la tradition française. Il ne comporte à l’origine qu’un seul étage.

L’hôtel de Clermont : la façade sur le jardin
L’aventure russe
S’étant surtout fait remarquer en France par ses plans de l’archevêché d’Auch, l’architecte Le Blond accepte de partir pour Saint-Petersbourg en 1716 sur l’invitation du tsar Pierre Le Grand. Bien que mort prématurément en 1719, il participer avec les architectes Friedrich Braunstein et Nicola Michetti à la construction du premier château de Peterhof et réalise également le palais Apraxine.

L’hôtel de Clermont : l’escalier d’honneur
La demeure d’un grand collectionneur
Transmis en 1756 à un héritier de la comtesse de Clermont, l’hôtel est acquis en 1769 par le comte Pierre Grimod d’Orsay (1748-1809), un grand collectionneur et amateur d’objets d’art. Celui-ci fait remanier l’hôtel par les architectes Guillaumot, Jean-François Chalgrin, Jean Augustin Renard et Charles Joachim Bénard. A l’intérieur, il réunit une prestigieuse collection de peintures et de sculptures. Dans le jardin, il fait installer 200 bustes et statues antiques grâce à ses nombreuses acquisitions en Italie. Au moment de la Révolution, le comte d’Orsay émigre et ses magnifiques collections sont saisies. Elles rejoindront ensuite le musée du Louvre.

L’hôtel de Clermont : le vestibule
Les remaniement de Visconti
En 1836, l’industriel Jacques Barbet de Jouy (1787-1864), fabricant la célèbre toile de Jouy, achète l’hôtel. Il fait amputer une partie du jardin pour ouvrir la rue Barbet de Jouy (qui porte son nom) et lotir une partie du parc. Dès 1838, la propriété est acquise par la comtesse Duchâtel, épouse d’un ministre de Louis-Philippe. L’architecte Louis Visconti (1791-1853) donne alors son aspect actuel à l’hôtel. Dans la cour d’honneur, quatre pavillons occupent désormais les angles. Un vaste péristyle à colonnes ioniques est ajouté au centre de la façade. Les façades sont reprises dans le style néoclassique : murs à refends, grandes fenêtres en plein cintre au rez-de-chaussée, absence d’ornements sculptés. L’hôtel est surélevé d’un niveau par un comble brisé.

L’hôtel de Clermont : la salle à manger
Des décors intérieurs des XVIIIe et XIXe siècle
Des décors d’origine, rien ne semble subsister aujourd’hui. L’actuelle salle à manger (un ancien salon) conserve de superbes portes qui pourraient provenir du château de Marly, ainsi que quatre colonnes en porphyre vert et bois doré ramenées d’Italie en 1782. Le salon doré (actuel bureau du ministre) est sans doute le plus éblouissant : ses boiseries blanc et or (en vogue sous Louis XVI) sont habillées de pilastres corinthiens et de trophées sur les thèmes de l’amour et de la guerre. Le boudoir Louis XVI conserve de beaux dessus de porte représentant des putti. L’actuelle galerie présente encore un décor raffiné datant du XIXe siècle, notamment des scènes mythologiques peintes. L’escalier d’honneur, habillé de panneaux de marbre polychrome et de stucs, est une très habile imitation Second Empire des prestigieux escaliers de marbre de l’époque de Louis XIV. Enfin, située dans un des pavillons, l’ancienne salle de bal aurait été créée par Louis Visconti au XIXe siècle avec des boiseries blanc et or dotées d’un décor foisonnant.

L’hôtel de Clermont : le salon doré, bureau du ministre
Le siège de ministères
Réquisitionné par l’Etat en 1944 puis acheté en 1947, l’hôtel de Clermont a été occupé par différents ministères. Il abrite actuellement les bureaux du ministre chargé des Relations avec le Parlement.

L’hôtel de Clermont : la galerie
Pour l’architecte Alexandre Le Blond, voir également l’hôtel de Vendôme.
Pour l’architecte Louis Visconti, voir également l’hôtel de Pontalba, l’hôtel de Melle Mars, le palais du Louvre, le palais des Tuileries, l’hôtel des Invalides, l’hôtel Collot.

L’hôtel de Clermont : la salle de bal
Sources :
Colin-Bertin (Françoise), Guide du promeneur 7e arrondissement, Paris, Parigramme, 1995.
Gallet (Michel), Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, Paris, Mengès, 1995.

L’hôtel de Clermont : le jardin
Adresse : 69 rue de Varenne
Métro : Varenne
Arrondissement : 7e
Téléphone :



