Le Restaurant Maxim’s

Le Restaurant Maxim’s

Le restaurant Maxim's - Façade sur le rue Royale

Le restaurant Maxim’s – Façade sur le rue Royale ©Maxims de Paris

L’aristocratique rue Royale

Tracée par Jacques-Ange Gabriel, la rue Royale est lotie à partir de 1769 par les architectes Louis et Louis-Pierre Le Tellier, père et fils. C’est une succession d’hôtels particuliers mitoyens, ayant la même ordonnance (voir les hôtels de la rue Royale).

Après la Restauration, la rue Royale perd sa vocation résidentielle. Elle devient une adresse prestigieuse pour les grands bijoutiers-joailliers qui s’y installent à la fin du XIXe siècle.

Le restaurant Maxim's - Photographie ancienne

Le restaurant Maxim’s – Photographie ancienne ©Maxims de Paris

Le café-glacier Maxim’s et Georg’s

A la fin des années 1880, le rez-de-chaussée du n°3 de la rue Royale est occupé par le célèbre glacier Imoda. En 1893, un garçon de café, Maxime Gaillard et son ami Georges Everaert rachètent l’enseigne. Ils ouvrent un café-glacier baptisé « Maxim’s et Georg’s », anglicisation de leur prénom.

Le 21 mai 1893, jour de l’inauguration (et jour du prix de Diane), une jeune comédienne en vogue, Irma de Montigny, et son protecteur, Arnold de Contades, découvrent le bistrot. intrigués par ce nom à l’anglaise, ils décident d’en faire un lieu à la mode. L’établissement va aussitôt attirer le tout-Paris mondain et fortuné de la Belle Epoque.

Le restaurant Maxim's

Le restaurant Maxim’s ©Maxims de Paris

La naissance de l’Art nouveau

Gaillard meurt en 1895 et Eugène Cornuché, son maitre d’hôtel,rachète l’établissement. En prévision de l’Exposition universelle de 1900, Cornuché confie à l’architecte Louis Marnez et à des artistes de l’école de Nancy une nouvelle décoration dans le style qui éclot alors en France et en Europe, l’Art nouveau.

Outre la grande verrière, les décors sont somptueux : bois d’acajou, fresques murales, miroirs biseautés, ornements de cuivre et de bronze. Ils s’inspirent de la faune, de la flore et du charme féminin. Les formes sont sensuelles et rondes, s’enroulent, se déroulent, s’enchevêtrent. Parmi la faune et la flore sont représentés le coquelicot rouge, le lys, l’iris et les feuilles de marronnier, les libellules, les papillons, les insectes et les oiseaux.

Le restaurant Maxim's - Illustration ancienne

Le restaurant Maxim’s – Illustration ancienne

La Belle Epoque

Pendant la Belle époque, le Tout Paris fréquente Maxim’s : Marcel Proust, Feydeau, Yvonne Printemps, Sacha Guitry, Greta Garbo, Marlène Dietrich, le roi Edouard VII, la Belle Otéro, Mistinguett, Tristan Bernard, Jean Cocteau, Armand et Sosthène de La Rochefoucauld.

Des années Folles à la Seconde Guerre mondiale

En 1932, un restaurateur auvergnat, Octave Vaudable, rachète l’établissement. Une clientèle mondaine et fortunée continue à entretenir la légende du lieu. Pendant l’occupation allemande, le restaurant est fréquenté par les officiers allemands. Le maréchal Göring y dine le 28 juin 1940.

De la libération aux années 1970

L’apogée de Maxim’s se situe sûrement à cette époque d’insouciance et de glamour succédant à la guerre. Onassis et Maria Callas, le duc et la duchesse de Windsor, le prince Ali Khan, le cinéaste Max Ophus, Barbara Huton (héritière des magasins Woolworth) et son mari Cary Grant, Marlène Dietrich, Martine Carol, Orson Welles, Rita Hayworth, Grace Kelly font du célèbre restaurant une adresse prestigieuse.

Après Octave Vaudable, son fils Louis prend les rênes de Maxim’s. Gastronome passionné, il fait de l’établissement le restaurant sans doute le plus célèbre au monde… et l’un des plus chers.

La griffe Pierre Cardin

En 1977, Vaudable s’associe au couturier Pierre Cardin pour créer la griffe « Maxim’s ». Le couturier businessman a sûrement des idées en tête… En 1981, il rachète l’établissement et décide d’en faire une cash machine internationale.
D’autres restaurants Maxim’s sont ouverts à travers le monde : Monte-Carlo, Pékin, Genève, Tokyo, Shanghai, New York, Bruxelles. Parallèlement, des licences Maxim’s permettent d’écouler vins, fleurs, fruits, bagages, meubles, vaisselle, vêtements, linge, objets de décoration.

Le musée de l’Art nouveau

Sur 3 étages, un musée de l’Art nouveau, aujourd’hui rebaptisé « Collection 1900 », est créé dans l’immeuble par le couturier. 550 pièces signées des plus grands créateurs de l’Art nouveau (Majorelle, Tiffany, Gallé, Massier, etc) y sont présentées dans un décor rappelant celui de l’appartement d’une courtisane.

Mais côté palet, l’établissement perd de sa superbe : d’abord retiré du guide Michelin, le restaurant échoue à engager de grands chefs pour moderniser sa carte.

Horaires d’ouverture : le restaurant est ouvert du mercredi au samedi, au déjeuner et au dîner.

Visite du musée « Collection 1900 » : ouvert uniquement pour les groupes de plus de 20 personnes. Réservations : contact@maxims-de-paris.com

Adresse : 3 rue Royale

Métro : Place de la Concorde

Arrondissement : 8e

Téléphone :