Le château de Saint-Ouen

Une commande du roi Louis XVIII

Construit entre 1821 et 1822, ce petit château de style néo-palladien est commandé par le roi Louis XVIII (1755-1824) à l’architecte Jean-Jacques-Marie Huvé (1783-1852). Le lieu est symbolique puisque c’est à Saint-Ouen que Louis XVIII signe à son retour d’exil en 1814 la déclaration de Saint-Ouen, où il déclare écarter toute idée de retour à l’Ancien Régime, avant d’entrer dans Paris. L’édifice remplace un précédent château, œuvre d’Antoine Le Pautre, qui avait appartenu aux ducs de Gesvres.

Le château de Saint-Ouen

Une rare architecture de style Restauration

De forme cubique, l’édifice s’apparente plus à une maison de plaisance qu’à un château. Son style néoclassique se caractérise par des façades d’une grande sobriété. Au rez-de-chaussée, les hautes fenêtres en plein cintre alternent avec un décor de pilastres d’ordre ionique. Un petit portique à colonnes ioniques précède la porte d’entrée. Au premier étage, les hautes fenêtres rectangulaires sont surmontées d’une corniche, tandis que le deuxième étage est traité en attique.

Le château de Saint-Ouen

La comtesse du Cayla, favorite du roi

Dès 1822, la propriété est cédée pour 400.000 francs à la favorite du roi, Zoé Talon (1785-1852), comtesse du Cayla, issue d’une famille de magistrats parisiens. Si sa relation avec Louis XVIII, de trente ans son aîné, reste platonique, elle lui assure son amitié profonde et le roi lui réserve ses mercredis pour lui tenir compagnie. A la mort du roi en 1824, elle se retire à Saint-Ouen.

Un mobilier exceptionnel

Saint-Ouen était réputé pour la qualité de sa décoration intérieure. Celle du rez-de-chaussée est confiée à l’architecte et décorateur Pierre Fontaine (1762-1853). La salle à manger et son décor subsistent, ainsi que la célèbre salle de billard. Celle-ci était ornée de quatre panneaux peints représentant les Saisons, exécutés par le baron Gérard. Ces panneaux, ainsi que l’exceptionnel mobilier dû à Louis-Alexandre Bellangé, ont été transportés au milieu du XIXe siècle dans le château d’Haroué en Lorraine, où résidait la fille de la comtesse du Cayla, la princesse de Beauvau-Craon. A l’étage, les anciens appartements de Madame du Cayla ont conservé leur disposition d’origine.

mobilier provenant du cabinet gothique de la comtesse du Cayla du château de Saint-Ouen, exposé au château de Maisons
© Benjamin Gavaudo / Centre des monuments nationaux

Le conservatoire municipal

Vendu par la princesse de Beauvau-Craon, le château connaît ensuite de nombreux propriétaires avant d’être acquis en 1958 par la ville et d’être restauré. Il accueille aujourd’hui le conservatoire municipal. L’Etat s’est rendu acquéreur entre 2007 et 2016 du mobilier d’origine entreposé à Haroué. Après restauration, ce mobilier, notamment celui du cabinet gothique de Madame du Cayla, pourrait retrouver son décor intial et être exposé au château de Saint-Ouen. Ce projet culturel est en cours d’élaboration.

Le Grand Parc des Docks

Le parc était à l’origine planté d’essences rares et peuplé de fabriques qui ont disparu. Morcelé au fil du temps, ce qu’il en reste a été intégré au nouveau Grand Parc des Docks, un espace vert de 12 hectares ouvert en 2013. Ce parc fait partie d’un nouvel éco-quartier, la ZAC des Docks. Les abords du château sont donc librement accessibles.

Pour l’architecte Jean-Jacques-Marie Huvé, voir également l’église de la Madeleine, la salle Ventadour.

Source :
Guide du patrimoine Ile-de-France, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Hachette, Paris, 1992.

Adresse : 12 Rue Albert Dhalenne 93400 Saint-Ouen-sur-Seine

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