L’hôtel Bergeret de Frouville
et l’hôtel de La Haye

L’hôtel Bergeret de Frouville et l’hôtel de La Haye

L'hôtel Peyrenc de Moras puis hôtel Bergeret de Frouville : le portail (n°3 rue Béranger)

L’hôtel Bergeret de Frouville : le portail (n°3 rue Béranger)

Deux hôtels symétriques

A l’origine, un ingénieur du roi, Gabriel Dezègre, achète des parcelles et dessine les plans de deux hôtels symétriques. Mais il les revend aussitôt à deux financiers qui vont se charger de lancer la construction en suivant ses plans : Abraham Peyrenc de Moras pour l’hôtel du n°3 et Jean Pujol pour l’hôtel du n°5.

A l’origine, les deux hôtels sont simplement séparés par une grille coupant la cour en deux. Si l’ordonnance générale est identique pour les deux hôtels, des détails diffèrent pourtant, comme les portails tous deux richement sculptés et coiffés de frontons courbes. La quasi-totalité des décors intérieurs, qui devaient être somptueux, a disparu. Seul l’escalier d’honneur avec sa rampe en fer forgé est conservé dans chaque hôtel.

L'hôtel Peyrenc de Moras puis hôtel Bergeret de Frouville : la façade sur le jardin transformé aujourd'hui en cour d'école

L’hôtel Bergeret de Frouville : la façade sur le jardin transformé aujourd’hui en cour d’école

L’hôtel Peyrenc de Moras puis Bergeret de Frouville

L’ascension sociale d’Abraham Peyrenc est bien connue : fils d’un chirurgien-barbier, Peyrenc arrive à Paris comme simple valet; il va faire fortune comme inspecteur général de la banque Law. Pour asseoir sa nouvelle position sociale, il achète les terres et le titre de marquis de Moras. En 1731, le financier quitte son hôtel du Marais pour s’installer dans le faubourg Saint-Germain : il y a fait construire le magnifique hôtel Peyrenc de Moras, (également appelé hôtel Biron) devenu aujourd’hui le musée Rodin.

Les descendants Peyrenc de Moras mettent l’hôtel en location jusqu’en 1768. A cette époque, la demeure est acquise par un collectionneur, Jean-François Bergeret de Frouville, qui fait embellir l’hôtel par des boiseries et scènes mythologiques commandées au peintre Boucher. En 1882, l’hôtel est acquis par la Ville de Paris.

L'hôtel Pujol puis hôtel de La Haye : le portail (n°5 rue Béranger)

L’hôtel de La Haye : le portail (n°5 rue Béranger)

L’hôtel Pujol puis hôtel de La Haye

Jean Pujol habite l’hôtel du n°5 jusqu’à sa mort en 1724. Sa famille le revend en 1736 à Charles Michel de Roissy, un financier. En 1754, la demeure est acquise par Salomon de La Haye des Fossés (1691-1764), conseiller-secrétaire du roi. Originaire de Gisors, la famille de La Haye a réussi son ascension sociale en travaillant d’abord pour la lucrative ferme-générale.

Marin de La Haye (1684-1753), issu de la même famille, a acquis en 1745 l’une des plus belles demeures de Paris, l’hôtel Lambert sur l’ile Saint-Louis. Ses descendants revendent l’hôtel en 1819. Il est loué ensuite en appartements. Le chansonnier Pierre-Jean de Béranger (1780-1857) y réside de 1854 à sa mort en 1857. En 1889, l’hôtel est acquis par la Ville de Paris qui le transforme en groupe scolaire, comme l’hôtel du n°3.

Les hôtels Bergeret de Frouville et de La Haye abritent aujourd’hui le collège Béranger.

Sources :
Gady (Alexandre), Le Marais, Paris, Editions Le Passage, 2004.
Guide du patrimoine Paris, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Paris, Hachette, 1994.
Généalogie de la famille de La Haye des Fossés.

Adresse : 3 rue Béranger

Métro : République

Arrondissement : 3e

Téléphone :