L’abbaye royale de Chaalis

L’abbaye royale de Chaalis ©www.domainedechaalis.fr
Une abbaye royale
Cette abbaye cistercienne est fondée en 1136 selon le vœu du roi Louis VI le Gros. Chassant régulièrement dans la forêt d’Ermenonville et ayant des résidences à Senlis et Ver, il souhaite honorer la mémoire de son cousin et compagnon d’armes, Charles le Bon, comte de Flandre, assassiné à Bruges. Le site de Chaalis est alors choisi. Bénéficiant de nombreuses donations, son église abbatiale va devenir l’une des plus vastes églises cisterciennes du royaume.
Une vie intellectuelle féconde
L’abbaye devient le cadre d’une vie intellectuelle importante, notamment grâce à sa bibliothèque riche en manuscrits. Plusieurs abbés et moines sont d’ailleurs renommés pour leurs écrits. L’abbaye accueille également les rois qui y viennent en retraite comme Louis IX (futur Saint-Louis), qui aime à partager la vie des moines, et plus tard Charles V.

L’abbaye royale de Chaalis : la chapelle Sainte-Marie ©www.domainedechaalis.fr
La « chapelle Sixtine de l’Oise »
Au XVIe siècle, après une longue période de déclin, l’abbaye est soumise, comme toutes celles du royaume, au régime de la commende institué par François 1er. Le premier abbé commendataire nommé par le roi est le cardinal italien Hippolyte d’Este, archevêque de Milan. On lui doit les éblouissantes fresques encore existantes réalisées par le peintre italien Le Primatice à partir de 1541 dans la chapelle Sainte-Marie. Son admirable voute représente les Pères de l’Eglise, les apôtres et les évangélistes tandis que sa contre-façade est ornée d’une représentation de l’Annonciation. La chapelle est surnommée « la chapelle Sixtine de l’Oise ».
De nouveaux bâtiments conventuels
A partir du XVIIe siècle, une longue période de déclin commence pour l’abbaye, ses abbés commendataires n’y résidant même plus, tirant simplement profit des revenus qu’elle leur apporte. Néanmoins, en 1737, l’abbé Louis de Bourbon-Condé décide de confier à l’architecte Jean Aubert la construction de nouveaux bâtiments conventuels. Mais le manque d’argent réduira finalement le projet : seule l’aile nord et une partie de l’aile l’ouest voient le jour à partir de 1752. Puis dans les années 1770, les deux pavillons d’entrée sont ajoutés.

L’abbaye royale de Chaalis ©www.domainedechaalis.fr
Une somptueuse résidence de chasse
Vendue comme bien national pendant la Révolution, l’abbaye est en grande partie démolie, à l’exception de la chapelle Sainte-Marie et des bâtiments conventuels. Le domaine est acquis en 1824 par Armand de La Briffe puis revendu en 1850 à Alphée Bourdon de Vatry (voir l’hôtel de Vatry) qui en fait une résidence de chasse. Son épouse, Pamela Hainguerlot, fait réaménager l’intérieur de l’édifice. L’aile Ouest est démolie tandis que l’aile nord est transformée en véritable lieu d’habitation avec cuisines, salon, pièces de réception.
Une vie mondaine et artistique brillante
Le couple Vatry y mène également une vie mondaine intense et y reçoit de nombreux artistes amis tels que les écrivains Théophile Gautier et Gérard de Nerval, le peintre Eugène Lami, les compositeurs Giacomo Meyerbeer et Daniel Auber.

L’abbaye royale de Chaalis ©www.destination.parc-oise-paysdefrance.fr
La peintre Nélie Jacquemart
En 1902, une ancienne protégée de Madame de Vatry, l’artiste-peintre Nélie Jacquemart-André (1841-1912), rachète le domaine. Veuve du richissime collectionneur Edouard André (1833-1894), elle réside à Paris dans le somptueux qu’elle et son mari ont fait construire, l’hôtel Jacquemart-André. A grands frais, elle fait moderniser l’aile nord tandis que l’aile ouest restée inachevée est finalement démolie. A l‘intérieur, une grande partie des collections acquises par le couple trouve un somptueux écrin : meubles, objets d’art, tableaux, marbres, bronzes, tapis.
L’Institut de France
A son décès en 1912, sans héritier direct, Nélie Jacquemart-André lègue son hôtel parisien et sa résidence de Chaalis à l’Institut de France. L’ancienne abbaye devient un château-musée. Au cours du XXe siècle, la demeure s’enrichit de plusieurs dons, essentiellement des collections d’arts décoratifs.
Un vaste chantier de restauration à visiter
Actuellement, le château-musée est en travaux jusqu’au printemps 2028. Mais le domaine reste ouvert à la visite et permet de découvrir les ruines du cloître et de l’église abbatiale, la chapelle Sainte-Marie et ses fresques, la superbe roseraie et le parc. Vous pouvez également participer, inclus dans le billet d’entrée, à la visite guidée « Château en chantier » qui vous donnera l’occasion unique de découvrir un chantier de restauration.
Pour l’architecte Jean Aubert, voir également l’hôtel Biron, l’hôtel de Lassay, le Musée vivant du Cheval, le palais-Bourbon.
Horaires d’ouverture :
. Du 1er avril au 30 septembre, ouvert TLJ de 10h à 18h.
. Du 1er octobre au 31 mars, ouvert le week-end et pendant les vacances scolaires de 10h à 17h.
Tarifs :
. Le billet d’entrée donne droit à la visite guidée « Les coulisses du chantier + parc + ruines de l’abbaye + chapelle (immersion sonore) + roseraie.
. tarif normal 10 €, tarif réduit 7 € (enfants et jeunes de 7 à 18 ans, étudiants, enseignants).
. Gratuité pour les enfants de moins de 7 ans, demandeurs d’emploi, bénéficiaires du RSA, personnes handicapées et leur accompagnateur.
Source :
Domaine de Chaalis
Adresse : domaine de Chaalis 60300 Fontaine-Chaalis
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