Les hôtels des Missions étrangères Les hôtels de Clermont – Tonnerre

Les hôtels des Missions étrangères Les hôtels de Clermont - Tonnerre

Les hôtels des Missions étrangères sont deux magnifiques hôtels symétriques bâtis en 1713-1715 pour le séminaire des Missions étrangères.

L'hôtel du n° 120 : le portail est doté de très beaux vantaux et d'un tympan sculpté.

L’hôtel du n° 120 : le portail est doté de très beaux vantaux et d’un tympan sculpté.

En 1713-1715, l’architecte Claude-Nicolas Lepas-Dubuisson est chargé de construire deux hôtels symétriques. Les maîtres d’ouvrage sont deux évêques du séminaire des Missions étrangères situé juste à côté. Ces hôtels sont destinés à la location : l’un est réservé pour Madame de Comadec, l’autre pour l’abbé Colbert de Seignelay.

Deux hôtels particuliers symétriques

Sur la rue, les deux hôtels se signalent chacun par un éblouissant portail. Appareillés à refends, ces portails sont percés d’une grande arcade dans laquelle prennent place de très beaux vantaux : les quatre médaillons ovales, sculptés par Louis Dupin, représentent les Quatre Parties du monde. Au-dessus des vantaux, les tympans superbement sculptés sont attribués à Bernard Turreau (1672-1731) dit Bernard Toro.

Les hôtels des Missions étrangères. Les façades sur cour sont séparées par un simple mur mitoyen

Les hôtels des Missions étrangères. Les façades sur cour sont séparées par un simple mur mitoyen

Les cours des deux hôtels sont symétriques; elles sont séparées par un simple mur percé d’arcades. Ces arcades sont similaires aux arcades qui rythment, au rez-de-chaussée, les façades des hôtels.

Au fond de la cour, a façade de chaque logis ne comporte que 3 travées : la travée centrale est encadrée de pilastres colossaux embrassant les 1er et 2e étages ; elle se prolonge par un fronton triangulaire à redans au niveau de la corniche. L’étage au-dessus de la corniche est une surélévation postérieure.

Le portail de l'hôtel du n° 118

Le portail de l’hôtel du n° 118

A l’arrière, chacun des deux logis donne sur un jardin. ce jardin est mitoyen de l’immense jardin du séminaire des Missions étrangères.

Ces deux hôtels ont pris par la suite le nom d’hôtels de Clermont-Tonnerre, du nom de l’illustre famille locataire du n°120.

L'hôtel du n°118 - La façade sur cour

L’hôtel du n°118 – La façade sur cour

L’hôtel particulier du n°118

L’hôtel du n°118 a appartenu à Juliette Mante-Rostand, sœur de l’écrivain Edmond Rostand. Pianiste, Elle tint un célèbre salon musical dans son hôtel.

Ce somptueux hôtel été racheté en 2016 pour 52 millions d’euros par l’homme d’affaire François Pinault, fondateur du groupe PPR (aujourd’hui Kering) à la famille Bordeaux-Groult. Grand amateur d’architecture, Monsieur Pinault a entrepris une restauration complète de cette magnifique demeure de style Régence.

L'hôtel du n°118 - La façade sur le jardin

L’hôtel du n°118 – La façade sur le jardin

L’hôtel particulier du n°120

L’hôtel du n°120 est célèbre pour avoir abrité la dernière demeure de l’écrivain François-René de Chateaubriand (1768-1848). Il y vécut au rez-de-chaussée de 1838 à 1848 et pouvait ainsi rendre visite à son amie Mme Récamier : celle-ci habitait l’abbaye-aux-Bois toute proche où elle tenait un salon littéraire très couru.

Le portail de l'hôtel du n° 120

Le portail de l’hôtel du n° 120

Dans son chef d’œuvre les Mémoires d’Outre-Tombe, Chateaubriand évoque sa maison de la rue du Bac : »Ma fenêtre qui donne à l’ouest sur les jardins des Missions Etrangères est ouverte : il est six heures du matin, j’aperçois la lune pâle et élargie, elle s’abaisse sur la flèche des Invalides à peine révélés par le premier rayon doré de l’Orient : on dirait que l’ancien monde finit et que le nouveau commence. Je vois le reflet d’une aurore dont je ne verrai pas se lever le soleil. Il ne me reste qu’à m’asseoir au bord de ma fosse ; après quoi je descendrai hardiment, le crucifix à la main dans l’éternité ».

L'hôtel du n°118 - Le grand escalier avec sa rampe en fer forgé

L’hôtel du n°118 – Le grand escalier avec sa rampe en fer forgé

Pour l’architecte Claude-Nicolas Lepas-Dubuisson, voir également l’hôtel Lepas-Dubuisson.

Sources :
Colin-Bertin (Françoise), Guide du promeneur 7e arrondissement, Paris, Parigramme, 1995.
Gallet (Michel), Les architectes parisiens au XVIIIe siècle, Paris, Mengès, 1995.
Hillairet (Jacques), Connaissance du Vieux Paris, Paris, Rivages, 1956.

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