Le Temple de l’Amitié

Le Temple de l’Amitié

Le Temple de l’Amitié ©Christian Chevalier

Un possible temple maçonnique

Invisible de la rue Jacob et inaccessible au public, le Temple de l’Amitié est pourtant l’une des plus belles curiosités du quartier. Ce petit temple à colonnes doriques est édifié au début du XIXe siècle : soit à la fin du Premier Empire, soit juste après sous la Restauration. Ayant une forme de trapèze, il est surmonté d’un fronton triangulaire. Il pourrait avoir appartenu à la loge maçonnique « A l’Amitié ». Si l’on retient cette hypothèse, il est alors possible que les lettres “DLV” gravées sur le fronton signifient “Dieu Le Veut”, ou bien “555” en chiffres romains.

le pavillon habité par Natalie Clifford Barney – Photographie d’Eugène Atget, 1910

Le salon littéraire de Natalie Clifford-Barney

Le temple est miraculeusement épargné lors du projet avorté d’extension de la rue de Rennes vers la Seine. A partir de 1909, il connaît une propriétaire célèbre à partir de 1909 : la riche héritière américaine Nathalie Clifford-Barney s’installe dans le charmant pavillon situé de la cour du n° 20; elle loue également le jardin privé et le petit temple. Amie des écrivains, Nathalie Clifford-Barney anime un célèbre salon littéraire fréquenté entre autres par Hemingway, Proust et Joyce. Rémy de Gourmont qui lui voue un amour platonique la surnommée “l’amazone”. Il n’avait du reste aucune chance de la séduire puisque celle-ci est connue pour ses nombreuses conquêtes féminines : Liane de Pougy, Colette, Elizabeth de Clermont-Tonnerre ou encore la peintre Romaine Brooks.

Le Temple de l’Amitié : le salon ovale – Photographie de Baptiste Essevaz-Roulet

Un petit salon surmonté d’une coupole

A l’intérieur du temple, on a la surprise de découvrir un petit salon rond surmonté d’une coupole en zinc; il est éclairé par un oculus. Au mur, des niches plates encadrées de pilastres. Au sol, l’exceptionnel parquet en toile d’araignée comporte au centre une rosace où l’on retrouve les lettres “DLV”. Après moultes péripéties, le Temple est restauré à l’identique en 1974. L’accès à ce temple (privé) n’étant pas autorisé, vous pouvez vous consoler en regardant le magnifique (mais très mélancolique) film de Louis Malle, “le Feu Follet”. Jeanne Moreau, muse de Saint-Germain-des-Près, s’y rend pour visiter des amis artistes.

Le Temple de l’Amitié – Photographie de Hoffbauer ©Société historique du VIe arrondissement

Sources :
Leborgne (Dominique), Saint-Germain-des-Près et son Faubourg, évolution d’un paysage urbain, Paris, Parigramme, 2005.
Rue Visconti
Société historique du VIe arrondissement

Adresse : 20 rue Jacob

Métro : Saint-Germain-des-Près

Arrondissement : 6e

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