Résidence
du préfet d’Ile de France
L’hôtel de Noirmoutier

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L’hôtel de Noirmoutier

L’hôtel de Noirmoutier : la façade sur cour

L’architecte Jean Courtonne

A partir de 1720, Antoine-François de La Trémoille (1652-1733), duc de Noirmoutier, confie la construction d’un hôtel particulier à l’architecte Jean Courtonne. Celui-ci va réaliser une œuvre qui se démarque par la richesse de son décor sculpté des hôtels élevés dans le faubourg Saint-Germain entre 1700 et 1720.

L’hôtel de Noirmoutier : la façade sur cour

L’hôtel de Noirmoutier : détail de l’avant-corps central, façade sur cour

Un gracieux avant-corps central

L’hôtel particulier se signale sur la rue par un magnifique portail en demi-lune encadré de colonnes ioniques. Au fond de la cour d’honneur, la façade de l’hôtel présente de belles proportions. Toutes les baies sont sommées d’un mascaron de femme ou d’homme au rez-de-chaussée, de mascaron de grotesques à l’étage. Mais c’est l’avant-corps central qui émerveille par la richesse de son décor. Ainsi, des consoles sculptées de mufles de lion soutiennent le balcon de l’étage aux ferronneries finement ciselées. Seul l’étage est rythmé de pilastres ioniques encadrant les baies.

L’hôtel de Noirmoutier : le salon d’honneur

Mademoiselle de Sens

A la mort du duc en 1733, l’hôtel passe à sa nièce, la marquise de Matignon (voir l’hôtel de Matignon). Dès 1734, il est acquis par Elisabeth-Alexandrine de Bourbon-Condé (1705-1765), dite Mademoiselle de Sens. Elle est la fille de Louise-Françoise de Bourbon (voir le Palais-Bourbon) et donc la petite-fille de Louis XIV. Mademoiselle de Sens agrandit la propriété en acquérant des terres voisines et fait redécorer l’intérieur de l’hôtel. En 1765, l’hôtel échoit à son neveu, Louis-Joseph de Bourbon-Condé. Il est loué au comte de Cantillana, ambassadeur du roi des Deux-Siciles. Puis à partir de 1770, l’ambassadeur du roi Charles III d’Espagne, le comte de Fuentès, y réside. Les dernières occupantes avant la Révolution sont deux veuves : Anne-Charlotte de Croÿ-Rœult, veuve du marquis de Lede, et Angélique-Sophie de Hautefort, veuve d’Henri-Camille de Beringhem.

L’hôtel de Noirmoutier : le salon de musique

Le maréchal Foch

Vendu plusieurs fois sous la Révolution, l’hôtel est affecté à l’Ecole d’application de l’Etat-Major de 1825 jusqu’en 1877, puis à l’Etat-Major jusqu’en 1919. La demeure est alors attribuée au maréchal Foch (1851-1929) qui y réside jusqu’à sa mort, puis à sa veuve jusqu’en 1950. Grand stratège pendant la Première Guerre mondiale, il dirige comme général les Forces alliées sur le front de l’Ouest. Participant aux batailles d’Ypres, de Morhange, de l’Artois puis de la Somme en 1916, il est nommé chef d’état-major général de l’armée en mai 1917. C’est lui qui déclenche l’offensive finale qui conduira à la défaite allemande signée lors de l’armistice du 11 novembre 1918. En 1919, il est nommé président du Conseil supérieur de la guerre et réside dès lors à l’hôtel de Noirmoutier.

L’hôtel de Noirmoutier : l’ancien fumoir

La résidence du préfet

Affecté ensuite à différents services de l’Etat, l’hôtel de Noirmoutier devient en 1970 la résidence du préfet de la région Ile-de-France. Il se visite régulièrement au moment des Journées Européennes du Patrimoine.

L’hôtel de Noirmoutier : la salle à manger

Les boiseries de la salle à manger

Peu de décors d’origine subsistent dans l’hôtel. Outre le bel escalier d »honneur et sa rampe en fer forgé, la salle à manger conserve un bel ensemble de boiseries en chêne ciré. Elles proviennent du cabinet des Singes qui avait été aménagé par Mademoiselle de Sens. De style rocaille, les panneaux présentent pour certains les fables d’Esope et de Jean de La Fontaine, comme le Renard et la Cigogne, le Loup et l’Agneau, la Poule aux œufs d’or. L’hôtel conserve également un très beau mobilier des époques Régence, Louis XV et Louis XVI.

L’hôtel de Noirmoutier : panneau de boiserie de la salle à manger

Pour l’architecte Jean Courtonne, voir également l’hôtel de Matignon.

L’hôtel de Noirmoutier : l’ancienne salle de billard

Sources :
Colin-Bertin (Françoise), Guide du promeneur 7e arrondissement, Paris, Parigramme, 1995.
Guide du patrimoine Paris, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Paris, Hachette, 1994.

L’hôtel de Noirmoutier : salon de travail

Adresse : 138 rue de Grenelle

Métro : Varenne

Arrondissement : 7e

Téléphone :