L’hôtel de Beaune

L’hôtel de Beaune

L’hôtel de Beaune fait partie d’une vaste opération immobilière lancée au début du XVIIIe siècle par le couvent des Carmes voisin.

L'hôtel de Beaune : la façade sur cour

L’hôtel de Beaune : la façade sur cour

Le couvent des Carmes, investisseur immobilier

La rue du Regard est ouverte en 1680 sur un terrain appartenant au couvent des Carmes. Dans la première moitié du XVIIIe siècle, les Carmes font lotir le côté Nord de la rue afin d’en tirer des revenus locatifs.

Cinq hôtels particuliers seront bâtis dans cette rue. Trois sont élevés à partir de 1719 par l’architecte Victor-Thierry Dailly : l’hôtel du Gué (n°3, démoli), l’hôtel de Rothembourg (n°5) et l’hôtel de Beaune (n°7).

A cause de la faillite du système de Law, la construction des deux autres est différée : le petit hôtel de Verrue (n°1) et le grand hôtel de Verrue (n°37 rue du Cherche-Midi) sont bâtis après 1737 par l’architecte Claude Brice Le Chauve, probablement sur les plans de Victor-Thierry Dailly.

L'hôtel de Beaune : le bâtiment sur rue

L’hôtel de Beaune : le bâtiment sur rue

L’hôtel de Beaune

La première locataire de cet hôtel est la vicomtesse de Beaune en 1720; elle va lui laisser son nom. Après elle, l’hôtel passe au prince de Robeck, grand d’Espagne.

De 1825 à 1826, l’écrivain François-René de Chateaubriand y réside, comme en témoigne une plaque sur le mur extérieur. De 1830 à 1841, Claude-Victor Perrin (1764-1841), maréchal d’Empire, dit le maréchal Victor, duc de Bellune, y habite à son tour. Ensuite, l’hôtel a appartenu à son fils Victor-François Perrin, 2e duc de Bellune, puis à la marquise d’Hautefeuille.

L'hôtel de Beaune : le portail

L’hôtel de Beaune : le portail

Un hôtel de style Régence

Sur la rue du Regard, l’hôtel se signale par un superbe portail Régence décoré de 4 consoles sculptées soutenant un fronton triangulaire brisé. L’arcade en plein cintre est sommée d’un très beau mascaron de femme.

Au fond de la cour, la façade un peu austère du logis est constituée de 7 travées : de grandes baies rectangulaires sont entourées de bandeaux et sommées de volutes au niveau de la clef. A l’arrière, le logis donnait sur un jardin amputé lors du percement du boulevard Raspail : la façade côté jardin se trouve maintenant au bord du boulevard Raspail, au niveau du n° 70.

L’hôtel de Beaune est privé. En semaine, le portail est ouvert et vous pouvez jeter un coup d’œil à sa façade sur cour.

Pour l’architecte Victor-Thierry Dailly, voir également l’hôtel de Rothembourg, les hôtels Le Lièvre de La Grange, l’hôtel Le Rebours, le petit et le grand hôtel de Verrue.

Sources :
Dreyfuss (Bertrand), Guide du promeneur 6e arrondissement, Paris, Parigramme, 1992.
Gallet (Michel), Les architectes parisiens au XVIIIe siècle, Paris, Mengès, 1995.
Guide du patrimoine Paris, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Paris, Hachette, 1994.

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