L’hôtel Beauharnais
(démoli)

L’hôtel Beauharnais (démoli)
L'hôtel Beauharnais (disparu)

L’hôtel Beauharnais (disparu)

En 1776, François-Victor Pérard de Montreuil, architecte du comte d’Artois, fait l’acquisition d’un terrain situé rue Chantereine (actuelle rue de la Victoire). Entre 1776 et 1778, il édifie trois petits hôtels particuliers. Le premier est destiné à la veuve du marquis d’Argenson, le second au marquis de Saint-Chamas, le troisième sera mis en location. Ce troisième hôtel est loué en 1780 au vicomte de Ségur, qui y installe sa maîtresse, la comédienne Julie Carreau. En 1781, l’actrice fait elle-même l’acquisition de l’hôtel. A partir de 1791, elle y vit avec son mari, l’’illustre comédien François-Joseph Talma (voir l’hôtel Talma), professeur au Conservatoire, dont elle se sépare en 1794.

L'hôtel Beauharnais (disparu)

L’hôtel Beauharnais (disparu)

En 1795, l’hôtel est loué par Marie-Josèphe de Tascher de la Pagerie, veuve du vicomte de Beauharnais. Napoléon Bonaparte, promu général, l’épouse le 9 mai 1796 et s’installe avec elle rue Chantereine. La rue sera d’ailleurs rebaptisée « rue de la Victoire » en 1797 en l’honneur de la victorieuse campagne d’Italie. En 1798, Bonaparte rachète l’hôtel à Julie Carreau. Il y prépare le coup d’état du 18 Brumaire (9 novembre 1799). Il part ensuite s’installer avec Joséphine au Petit Luxembourg situé dans le jardin du Luxembourg. En 1806, l’hôtel Beauharnais est offert par Napoléon en cadeau de mariage à Charles Lefebvre Desnouettes et à son épouse Marie-Louise, fille de l’intendant de Madame Mère (mère de Napoléon). Vendu en 1857 à un agent de change, l’hôtel est démoli lors de l’ouverture de la rue de Châteaudun en 1862.

L'hôtel de Saint-Chamas - Rue de la Victoire

L’hôtel de Saint-Chamas – Rue de la Victoire

Dans la cour du n° 60 rue de la Victoire subsiste l’un des trois hôtels particuliers : l’hôtel du marquis de Saint-Chamas. La comtesse Marie Waleska (1786-1817), qui fut la maîtresse de Napoléon Bonaparte, y habite ensuite. La façade exprime le néo-classicisme naissant des années 1770 : fenêtres en plein cintre et fenêtres rectangulaires à balustres de pierre, mur nu souligné par de fins refends horizontaux au rez-de-chaussée.

Pour l’architecte François-Victor Perrard de Montreuil, voir également l’enclos du Temple, le Carreau du Temple, l’hôtel de Botterel-Quintin.

Source :
Goldemberg (Maryse), Guide du promeneur 9e arrondissement, Paris, Parigramme, 1997.

Adresse : 62 Rue de la Victoire

Métro : Le Peletier

Arrondissement : 9e

Téléphone :