Le parc Jean-Jacques Rousseau
Le marquis de Girardin
Militaire de carrière, officier du duc de Lorraine pendant la Guerre de Sept ans, René-Louis de Girardin (1735-1808) dispose d’une solide fortune léguée par son grand-père maternel, le fermier-général René Hatte. Ce qui lui permet de devenir en 1763 l’unique propriétaire du château d’Ernemonville, une belle demeure entourée de douves, qu’il fait moderniser intérieurement. En effet, l’œuvre de sa vie sera la conception d’un nouveau parc d’une centaine d’hectares autour de sa demeure.

Le château d’Ermenonville ©www.oisetourisme.com
Un parc à l’anglaise
Ayant beaucoup voyagé, notamment en Angleterre, Girardin y découvre avec émerveillement les jardins à l’anglaise. Conseillé par le peintre Hubert Robert et confiant les travaux au jardinier Jean-Marie Morel, il décide de faire réaménager le parc de son château dans ce style alors inexistant en France. A l’inverse du jardin à la française qui est géométrique, symétrique et ordonné, le jardin à l’anglaise offre une succession de points de vue formant une composition irrégulière : ces points de vue ont pour fonction de mettre en valeur des éléments naturels comme une prairie, une cascade, un étang ou un ruisseau. Les travaux d’aménagement du nouveau parc vont s’étaler entre 1765 et 1776. C’est le tout premier jardin à l’anglaise créé en Europe continentale.

Le parc Jean-Jacques Rousseau : le temple de la philosophie moderne
©Comité des Parcs et Jardins de France
De nombreuses fabriques
Pensé et composé comme un tableau, le parc comporte de petites constructions ornementales appelées fabriques. Girardin souhaite leur donner une dimension poétique en y faisant inscrire des citations. Pièce maîtresse du parc, le temple de la philosophie moderne porte le nom de six philosophes auquel est associé un nom latin le caractérisant. En tout, 17 fabriques subsistent au moins en partie et constituent un parcours visuel et spirituel pour le promeneur, cheminant autour des étangs et le long des cours d’eau.

Le parc Jean-Jacques Rousseau : le cénotaphe de Jean-Jacques Rousseau ©Comité des Parcs et Jardins de France
Le séjour de Jean-Jacques Rousseau
Largement ouvert aux idées des Lumières, conscient des abus de la monarchie absolue, le marquis de Girardin adhère aux idées développées par le philosophe Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) dans Du Contrat social. Il a d’ailleurs déjà fait sa connaissance à Paris dans les années 1770. Invité avec sa compagne, Thérèse Levasseur, Rousseau arrive à Ermenonville le 28 mai 1778. Agé de 66 ans, sa santé est fragile et il y décède subitement le 2 juillet d’une hémorragie cérébrale. Il est inhumé le 4 juillet sur l’île des Peupliers, au cœur du parc. Cette sépulture n’est plus qu’un cénotaphe, la dépouille de Rousseau ayant été transférée au Panthéon
le 9 octobre 1794.

Le parc Jean-Jacques Rousseau : le dolmen ©Comité des Parcs et Jardins de France
Le parc Jean-Jacques Rousseau
Rebaptisé parc Jean-Jacques Rousseau en l’honneur du philosophe, le parc ouvert gratuitement à la visite ne comprend que la partie sud du domaine d’origine, soit une cinquantaine d’hectares. Ce domaine départemental se visite d’avril à octobre. Il a été classé en 2019 espace naturel sensible par le département de l’Oise. Le château est quant à lui devenu le cadre d’un hôtel-restaurant de prestige.
Horaires d’ouverture : ouvert du 1er avril au 31 octobre du mercredi au dimanche de 11h00 à 18h00.
Tarif : entrée gratuite.
Adresse : 1 rue René de Girardin 60950 Ermenonville
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