L’hôtel
Brière de Bretteville

L’hôtel Brière de Bretteville
L'hôtel de Bretteville - La façade sur cour

L’hôtel de Bretteville – La façade sur cour

L’ancien hôtel d’Hercule

Les hôtels des n° 5 et n° 7 rue des Grands Augustins ont une origine commune. Plusieurs demeures médiévales se succèdent à cet emplacement. A la fin du XVe siècle, l’édifice reconstruit est appelé hôtel d’Hercule : Son nom provient de fresques qui représentaient les travaux d’Hercule. C’est l’un des plus vastes hôtels parisiens sous la Renaissance.

Antoine Duprat de Nantouillet, prévôt de Paris de 1533 à 1592, en est peut-être le constructeur. Il est le fils d’Antoine Duprat, 1er ministre et archevêque de Sens. La famille Duprat le conserve jusqu’en 1639. Puis à une date inconnue, l’hôtel est englobé dans le vaste hôtel de Savoie-Nemours, dont l’entrée se situe rue Séguier.

L’hôtel Brière de Breteville

En 1670, la duchesse de Savoie fait lotir son hôtel. Les n° 5 et n° 7 sont acquis par Mademoiselle Brière de Breteville qui les fait rénover et en fait deux hôtels distincts. Il semble que la cour du n° 7 soit la cour principale, et que la cour du n°5 soit plutôt une basse-cour ou bien un jardin.

En 1761, l’hôtel du n° 5 va prendre le nom d’hôtel de Conflans-Carignan, du nom de Louis de Conflans, marquis d’Armentières. L’hôtel du n° 7 garde le nom d’hôtel Brière de Breteville, qu’il porte toujours.

Un étonnant décor maniériste

La façade de l’hôtel Brière de Breteville date probablement de la fin du XVIe siècle. Par son style maniériste, elle est assez atypique dans l’architecture parisienne de cette époque. Au-dessus du rez-de-chaussée court une frise Renaissance d’inspiration antique. Les étages sont ornés de tables de pierre. Au second étage, le décor qui entoure les fenêtres est remarquable : les baies sont surmontés de claveaux et d’une clef en pointe de diamant. Aux extrémités, des gaines verticales sont surmontés de petits chapiteaux. Soutenant la corniche du toit, l’entablement est animé de consoles méplates.

L'hôtel de Bretteville - L'atelier de Picasso dans le grenier

L’hôtel de Bretteville – L’atelier de Picasso dans le grenier

L’atelier de Picasso

De 1934 à 1936, le chorégraphe Jean-Louis Barrault installe sa première compagnie de danse dans le grenier de l’hôtel de Bretteville.

A partir de 1937, Pablo Picasso (1881-1973) s’installe dans les deux derniers étages (appartement et grenier) ; il y restera jusqu’en 1955. C’est dans cet appartement qu’il peint en 1937 son tableau le plus célèbre, Guernica, en réaction au bombardement de la ville basque par l’aviation allemande, ayant fait plusieurs milliers de morts. C’est une gigantesque toile de 3,50 mètres sur 7,80 mètres. La toile est aujourd’hui visible au musée Reina Sophia de Madrid. L’ancien atelier de Picasso, situé dans le grenier, est toujours conservé, mais son avenir semble menacé. En effet, l’immeuble appartient à la Chambre des huissiers de justice de Paris qui projette d’y aménager une résidence hôtelière haut de gamme.

Face à la menace, les façades de l’hôtel, la toiture, l’escalier et les deux derniers étages sont inscrits en urgence à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Depuis, les propriétaires ont malgré tout déposé un permis de construire à la mairie. L’avenir est incertain pour l’atelier où travailla le plus grand peintre du XXe siècle.

L’hôtel Brière de Bretteville est fermé par un digicode mais il se voit très bien depuis la grille d’entrée.

Sources :
Gaulle (de) Nodier Jules, Nouvelle histoire de Paris et ses environs, 1839.
Leborgne (Dominique), Saint-Germain-des-Prés et son faubourg, évolution d’un paysage urbain, Paris, Parigramme, 2005.
Guide du patrimoine Paris, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Paris, Hachette, 1994.

Adresse : 7 rue des Grands Augustins

Métro : Odéon

Arrondissement : 6e

Téléphone :