L’enclos du Temple
(démoli)

Maquette de l’enclos du Temple ©Musée Carnavalet
L’ordre des Templiers
L’ordre des Templiers est fondé en 1118 en Terre Sainte par Hugues de Payns, Geoffroy de Saint-Omer et 7 autres chevaliers. A l’origine, cet ordre a pour vocation d’escorter et d’accueillir les pèlerins en Terre Sainte et de défendre le Saint-Sépulcre. Repliés en Europe à la suite de la chute du royaume de Jérusalem (1244), les Templiers disposent de biens considérables grâce aux nombreuses « commanderies templières » fondées en Occident et particulièrement présentes en France. Les Templiers deviennent les banquiers du roi et conservent le trésor royal. A Paris, les Templiers possèdent l’enclos du Temple situé dans un vaste territoire encore campagnard au nord du prieuré Saint-Martin-des-Champs. Accusés d’hérésie mais surtout jugés dangereux pour le pouvoir royal, les Templiers sont arrêtés le 13 octobre 1307 sur ordre du roi Philippe Le Bel. Le 3 avril 1312, le pape Clément V se prononce pour l’abolition de l’ordre. Le grand maître de l’ordre, Jacques de Molay, et le commandeur de Normandie, Geoffroy de Charnay, sont brûlés vifs sur l’île de la Cité le 18 mars 1314.
L’ordre de l’Hôpital
Suite au démantèlement de l’ordre des Templiers, l’enclos du Temple est attribué à l’ordre de Sait-Jean de Jérusalem ou ordre des hospitaliers qui le conserve jusqu’à la Révolution. L’ordre de l’Hôpital est un ordre fondé en 1099 après la prise de Jérusalem. Sa vocation est de secourir les pèlerins malades et les guerriers blessés.

Le Donjon du Temple 1795 – Ecole Française du XVIIIe siècle
L’Enclos du Temple
D’une superficie de 6,5 hectares, l’enclos du Temple est une véritable ville dans la ville. Protégé par une muraille, il est défendu par deux donjons : le donjon du Temple et la tour César. Il occupait un périmètre compris entre les actuelles rue de Bretagne, rue de Picardie, rue Béranger et rue du Temple.

L’hôtel du Grand Prieur, gravure de Jean et Daniel Marot, L’Architecture française
Les édifices du Temple
A l’intérieur de l’enclos, le Temple abrite une église, des bâtiments monastiques, des maisons locatives, plusieurs hôtels particuliers et deux donjons. L’édifice le plus admirable est l’hôtel du Grand Prieur construit en 1667 par l’architecte Pierre Delisle-Mansart (mort en 1720) pour Jacques de Souvré. Sa majestueuse cour à colonnade préfigure celle de l’hôtel de Soubise, réalisée au tout début du XVIIIe siècle pour une branche cadette de la famille de Rohan. Rappelons que la charge de Grand Prieur fut généralement confiée à des membres de la famille royale, à l’instar du prince de Conti qui fut un mécène éclairé. L’édifice le plus singulier est la Rotonde (voir le Carreau du Temple) en forme d’ellipse commandée en 1788 à l’architecte néoclassique François-Victor Pérard de Montreuil : elle abritait une sorte de galerie commerciale surmontée de logements. Enfin, chaque semaine dans l’enceinte du Temple se tenait le très populaire marché du Temple.

Maquette de la Rotonde ©Musée Carnavalet
L’emprisonnement et l’exécution de la famille royale
Dans le donjon du Temple, la famille royale est emprisonnée à partir du 13 août 1792 : le roi Louis XVI, la reine Marie-Antoinette, le Dauphin, madame Royale et madame Elizabeth (sœur de Louis XVI). Louis XVI est exécuté le 21 janvier 1793, la reine Marie-Antoinette (transférée entre temps à la Conciergerie) le 16 octobre 1793, Madame Elizabeth le 9 mai 1794. Isolé et privé de soins, le Dauphin Louis XVII y meurt le 8 juin 1795 à l’âge de 10 ans. Seule madame royale, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, est épargnée : elle est échangée en 1795 contre des commissaires de la Convention détenus par les Autrichiens.

La Rotonde du Temple – tableau de J.-C Nattes, 1808
La démolition du Temple
A la Révolution, l’enclos du Temple est divisé en 92 lots. L’église est démolie en 1796. Le donjon du Temple, rappelant la tragédie vécue par la famille royale, est abattu sur ordre de Napoléon 1er en 1811. Le palais du Grand Prieur est rasé en 1853 et la Rotonde en 1863. Du prestigieux domaine du Temple, seules quelques fondations souterraines subsistent aujourd’hui ainsi que le vestige d’une tour d’angle visible dans la cave du n° 32 rue de Picardie.
Pour l’architecte Pierre Delisle-Mansart, voir également l’hôtel de Fürstenberg, l’hôtel Delisle-Mansart, l’hôtel de Mortagne.
Pour l’architecte François-Victor Pérard de Montreuil, voir également le Carreau du Temple, l’hôtel Beauharnais, l’hôtel de Botterel-Quintin, l’hôtel de Saint-Chamans.
Sources :
Chadych (Danielle ), Le Marais, évolution d’un paysage urbain, Paris, Parigramme, 2010.
Guide du patrimoine Paris, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Paris, Hachette, 1994.
Adresse :
Métro : République
Arrondissement : 3e
Téléphone :



