Les Affolantes
à Bois-le-Roi

La Seine à Bois-le-Roi
L’âge d’or de la villégiature
Entre 1830 et 1914, les riches familles bourgeoises de Melun et de Paris se font construire de somptueuses villégiatures en bordure de Seine, entre Seine-Port et Saint-Mammès. Résidences de week-end ou d’été, elles sont accessibles par le chemin de fer avec la ligne reliant la gare de Lyon à Melun puis à Fontainebleau-Avon. Mais surtout, avec la création d’écluses sur la Seine sous Napoléon III, les berges du fleuve ne sont plus sujettes aux crues et ainsi stabilisées rendent possible la construction de villas. Les plus belles datent le plus souvent de la Belle Epoque.

Les Affolantes à Bois-le-Roi : le clos Barbeau
Carrément affolantes…
Le terme d’»Affolantes » est donné à ces villas extravagantes par le castellologue André Châtelain (1932-2011). Il serait issu du mot « folie » qui désigna à partir du XIVe siècle (mais surtout au XVIIIe siècle) une maison de plaisance construite en périphérie d’une ville, à usage de divertissement et parfois aussi de libertinage. « Affolantes » évoque aussi sûrement l’aspect extravagant et tourmenté de ces constructions qui mélangent avec outrance les styles historiques ou en vogue : style médiéval, Renaissance, classique, régionaliste ou encore Art nouveau.

Les Affolantes à Bois-le-Roi : Chantemerle
Direction Bois-le-Roi
L’idéal est de vous y rendre en train avec votre bicyclette, puis de suivre sur place le cours de la Seine tant les Affolantes sont nombreuses, notamment à Bois-le-Roi, Samois-sur-Seine ou encore Saint-Mammès. Mais parmi les plus belles, plus d’une douzaine se concentrent en bordure de la Seine à Bois-le-Roi et c’est la promenade que nous vous proposons de faire en priorité, facilement accessible à pieds depuis la gare.

Les Affolantes à Bois-le-Roi : Clairval où la façade exprime l’Art nouveau en vogue
L’architecte Louis Périn
Grâce à ses beaux-parents, l’architecte Louis Périn (1871-1941) découvre Bois-le-Roi et tombe amoureux du site. Il agrandit d’abord leur villégiature, le Chantemerle (au n°5 quai de la Ruelle) en 1902, y apportant une bonne dose d’extravagance et de pittoresque, mêlant le style médiéval au style régionaliste normand avec une pointe d’Art nouveau. Suivront le clos Berbeau (au n°3), Clairval (au n°9) puis en face à Chartrettes, le « Manoir de Seine », qu’il fait bâtir en 1932 et qui sera sa propre résidence (de l’autre côté du pont de Chartrettes).

Les Affolantes à Bois-le-Roi : la Jeannette également appelée le Vieux Logis
Le Vieux Logis
Mais c’est le dramaturge et directeur de théâtre Emile Rochard (1850-1918) qui fait preuve d’une bonne dose de folie ! En 1896, il achète une maison médiévale à Amiens et fait remonter sa façade à Bois-le-Roi (au n°17) sur une villégiature qu’il fait construire et baptise « la Jeannette » (également appelée « le Vieux Logis »). Faisant face à la Seine, cette façade à pans de bois en encorbellement, plus néo-gothique que véritablement gothique, est une véritable leçon de stéréotomie : arcs en accolade, arc brisé, meneaux, vitraux, lambrequins sculptés, colombages fantaisistes…
Avant de regagner la gare, vous pouvez également vous promenez quai Olivier Métra où d’autres Affolantes vous surprendront encore…

Les Affolantes à Bois-le-Roi
Accès en transport en commun : prendre le transilien R à la gare de Lyon et descendre à la gare de Bois-le-Roi, puis 10 minutes de marche.
Adresse : Quai de la Ruelle 77590 Bois-le-Roi
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