Le Collège de France

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Le collège royal par l’architecte Claude Chastillon – 1612

Enseigner les disciplines ignorées

En 1530, le grand traducteur Guillaume Budé réussit à convaincre le roi François 1er d’ouvrir un collège où enseigner des disciples ignorées par l’Université de Paris. Au démarrage, il s’agit du grec et de l’hébreu, puis l’enseignement s’étend au droit français, aux mathématiques, au latin, à la médecine. A l’origine, le collège est appelé « collège des Lecteurs royaux ». Les leçons sont données dans des locaux appartenant aux collèges de Cambrai et de Tréguier. A partir de 1610, les bâtiments actuels commencent à être construits par l’architecte Claude Chastillon. L’institution prend le nom de « collège royal ». Mais seule l’aile Est est achevée. Les travaux vont s’étaler jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Le collège de France : la cour d’Honneur

Des bâtiments de style néoclassique

En 1773, l’architecte néoclassique Jean-François Chalgrin est chargé de reprendre le projet. Autour d’une cour d’honneur précédée d’une grille et d’un portail, il fait bâtir des salles de cours et une salle des actes. Au milieu du XIXe siècle, l’architecte Paul Latarouilly réalise une extension vers la rue Saint-Jacques. De nouveaux espace s’organisent autour de deux nouvelles cours, la cour Latarouilly et la cour Guillaume Budé.

Le collège de France : la cour Budé

Le collège de France : la salle d’assemblée des professeurs

Les extensions ajoutées au XXe siècle

En 1927-1930, les architectes Albert et Jacques Guilbert suivis d’André Leconte ajoutent de nouveaux bâtiments qui bordent le vieux collège : ils abritent l’enseignement de la chimie, de la physique, de la biologie et des amphithéâtres. La mise en œuvre classique du béton armé rappelle fortement le langage d’Auguste Perret. L’entrée du collège est précédée de la statue de Claude Bernard, l’un des plus importants savants du XIXe siècle qui consacra vingt ans de sa vie à sa chaire de médecine expérimentale.

L’extension du collège de France

Douze bibliothèques

Le Collège de France abrite douze bibliothèques (Lévi-Strauss, Proche-Orient, égyptologie, études chinoises, études japonaises, etc) et un service d’archives. A elle seule la bibliothèque patrimoniale dispose de nombreuses revues, des ressources en ligne et de près de 80.000 documents.

Le collège de France :  l’amphithéâtre Marguerite de Navarre

L’amphithéâtre Marguerite de Navarre

En 1990-1998, des travaux de modernisation du bâtiment historique sont menés, notamment dans les amphithéâtres et les salles de cours. A cette occasion, les architectes Bernard Huet et Jean-Michel Wilmotte conçoicent sous la cour d’honneur un grand auditorium de 420 places. Accompagné d’un foyer, il est baptisé « Marguerite de Navarre », du nom de la première épouse d’Henri IV.

Le collège de France : le foyer

Une succession d’illustres professeurs

L’enseignement au collège de France est gratuit et il est ouvert à tous sans inscription. Ils sont enregistrés et disponibles en ligne depuis 2007. Le statut de professeur au Collège de France est considéré comme une distinction particulièrement honorifique. Les années 1970 furent particulièrement remarquables pour le collège avec la présence de brillants membres : Claude Lévi-Strauss, Raymond Aron, Georges Duby, Jacqueline de Romilly (première femme titulaire d’une chaire), Michel Foucault, Roland Barthes… mais la relève est aujourd’hui assurée par de brillants professeurs comme Patrick Boucheron, Stanislas Dehaene, Henri Laurens, Barbara Cassin, Esther Duflo, Philippe Aghion…

Le collège de France : fresque du portique Letarouilly exécutée par Urbain Bourgeois et Louis Hista

Pour l’architecte Jean-François Chalgrin, voir également l’Arc de Triomphe de l’Etoile, la congrégation du Saint-Esprit, l’église Saint-Sulpice, l’hôtel de Saint-Florentin, l’église Saint-Philippe du Roule, l’hôtel de Luzy, l’hôtel Cromot du Bourg, la forêt domaniale de Sénart.

Pour l’architecte Bernard Huet, voir également les villas-ateliers et logements cité du Labyrinthe.

Pour l’atelier d’architecture Wilmotte & Associés, voir également le Mandarin Oriental, le siège du Ministère de la Défense, la Maison de la Mutualité, le centre spirituel et culturel russe, l’Institut du Cerveau, Immeuble mixte rue de Venise, le Grand Palais Ephémère, le campus Scipion, le campus de Sciences Po, Station F.

Sources :
Dreyfuss (Bertrand), Guide du promeneur 5e arrondissement, Paris, Parigramme, 1996.
Collège de France

Tableau représentant « Henri IV décidant la construction du collège royal » – Charles Thévenin (1827)

Adresse : 11 Place Marcelin Berthelot

Métro : Cluny-La Sorbonne ou Maubert-Mutualité

Arrondissement : 5e

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