L’appartement-atelier
de Le Corbusier
L’immeuble Molitor

L’immeuble Molitor, façade donnant sur la rue Nungesser et Coli
Changement d’échelle…
Dans Paris, le génie de Le Corbusier (1887-1965) s’est d’abord illustré avec la réalisation de maisons-atelier et villas puristes : la maison-atelier Ozenfant (1922), les maisons La Roche et Jeanneret (1923) et la maison Planeix (1927). Au début des années 1930, l’architecte se confronte à des bâtiments ayant une échelle plus importante : le Pavillon suisse (1930) de la Cité Universitaire Internationale de Paris et la Cité-refuge de l’Armée du Salut (1930-1933). En 1931-1934, Corbu construit son seul et unique immeuble de rapport parisien appelé « Molitor », élevé de huit étages.

L’appartement-atelier de Le Corbusier : l’entrée
Le premier immeuble d’habitation entièrement vitré au monde
Dans un contexte classique d’immeubles mitoyens, l’architecte conçoit des façades jusqu’ici inédites abolissant l’habituel plein percé d’ouverture : les façades sont entièrement vitrées grâce à l’usage de briques de verre Névada et de panneaux vitrés. Au centre de deux façades (l’une donnant sur la rue Nungesser et Coli, l’autre sur la rue de la Tourelle à Boulogne-Billancourt), un grand pan de verre en saillie revisite le traditionnel bow-window parisien. Les menuiseries et les panneaux de tôle métallique perforée sont peints en noir, conférant un aspect très graphique à la façade. A l’intérieur, le plan est également inédit : la quinzaine d’appartements sont livrés en plan libre (on dirait aujourd’hui en « plateau libre ») à l’exception des salles de bain et des blocs cuisine.

L’appartement-atelier de Le Corbusier : le salon
Un duplex de 240 m2 baigné de lumière
Le Corbusier se réserve pour lui et son épouse les deux derniers étages en négociant avec le promoteur. En contrepartie, la construction du toit sera à sa charge. Il y résidera de 1934 jusqu’à sa mort en 1965. D’une surface totale de 240 m2, l’appartement-atelier est baigné de lumière grâce à ses façades vitrées. Sans vis-à-vis, il offre des vues spectaculaires sur Paris d’un côté, sur le bois de Boulogne, Boulogne-Billancourt, Saint-Cloud et Meudon de l’autre.

L’appartement-atelier de Le Corbusier : l’atelier
Un lieu de vie et de travail
L’appartement est constitué de deux parties distinctes : d’un côté l’atelier où il peint chaque jour et le bureau où il écrit, de l’autre la partie habitation comprenant l’entrée, le salon, la salle à manger, une cuisine et une salle de bain (avec des espaces distincts pour Le Corbusier et pour son épouse). Chaque partie peut être cloisonnée grâce à de grandes portes pivotantes ou au contraire les deux parties peuvent être réunies pour plus de fluidité dans les espaces.

L’appartement-atelier de Le Corbusier : le toit-terrasse aménagé en jardin et le grand auvent
Un toit-terrasse végétalisé
Dans l’entrée, un audacieux escalier hélicoïdal sans rampe conduit au 8e et dernier étage de l’immeuble : disposant d’une cabine de douche et d’un lavabo, la chambre d’ami jouit d’un balcon et d’une vue exceptionnelle sur Paris. Doté d’un auvent protecteur, le toit-terrasse végétalisé offre une vue sensationnelle à 360°.

L’appartement-atelier de Le Corbusier : la salle à manger
Visiter l’appartement-atelier de Le Corbusier
L’appartement-atelier de Le Corbusier peut se visiter librement aux horaires indiqués ci-dessous. Nous proposons une visite commentée de l’appartement-atelier de Le Corbusier : elle est incluse dans la visite guidée « Architecture Années 30 à Boulogne-Billancourt ».
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L’appartement-atelier de Le Corbusier : la chambre à coucherHoraires d’ouverture et tarifs : ouvert le jeudi et le vendredi de 13h30 à 18h, le samedi de 10h à 13h et de 13h30 à 18h. Tarif normal 10 €, tarif réduit 5 € (étudiants, demandeurs d’emploi). Gratuité pour les moins de 14 ans. Il est également possible d’acheter un billet couplé Maison La Roche/appartement-atelier Le Corbusier pour visiter les deux.

L’immeuble Molitor : façade donnant sur la rue de la Tourelle
Pour l’architecte Le Corbusier, voir également les villas La Roche et Jeanneret, la maison-atelier Ozenfant, le pavillon suisse de la Cité Universitaire, la villa Planeix, la Cité-refuge de l’Armée du Salut, le dortoir du Palais du Peuple.
Sources :
Lapierre (Eric), Guide d’architecture Paris 1900-2008, Paris, Pavillon de l’Arsenal, 2008.
Martin (Hervé), Guide de l’architecture moderne à Paris, Paris, Alternatives, 2010.
La fondation Le Corbusier
Adresse : 24 rue Nungesser et Coli
Métro : Michel-Ange Molitor
Arrondissement : 16e
Téléphone :