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Un avenir incertain pour le Conservatoire national supérieur d’Art dramatique


2bis rue du Conservatoire – M° Bonne Nouvelle – Tel : 01 42 46 12 91

9e arrondissement

Le Conservatoire national supérieur d’art dramatique abrite un magnifique théâtre à l’italienne doté d’un décor pompéien. Mais son déménagement à la future Cité du Théâtre laisse planer de vives inquiétudes sur son avenir : le conservatoire pourrait être vendu à la découpe et voir disparaître une partie de ses décors historiques. Rien n’est encore tranché début 2020.

Le Conservatoire - Façade sur la rue Sainte-Cécile
©paris-promeneurs

Le théâtre des Menus-Plaisirs du Roi

A l’emplacement du conservatoire actuel se dresse au XVIIIe siècle le théâtre des Menus-Plaisirs du Roi. Cette salle est l’ancien théâtre de la Foire Saint-Laurent, démontée et remontée ici. Elle sert alors de salle de répétition pour les opéras et ballets qui doivent être donnés à la Cour. En 1784, une Ecole royale de chant y est créée, puis en 1786 une Ecole de déclamation y est adjointe.

La création du Conservatoire de Musique et de Déclamation

Sous l’Empire, Napoléon 1er met en place un véritable enseignement de l’art dramatique en créant le Conservatoire de Musique et de Déclamation. Le comédien François-Joseph Talma (voir l’hôtel Talma), acteur favori de l’empereur, y est professeur.

Le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique : le théâtre à l’italienne construit en 1811

La séparation des deux conservatoires : Musique et Art dramatique

En 1911, le conservatoire est séparé en deux. L’enseignement de la Musique se fait dans le conservatoire de la rue de Madrid. Il déménage en 1990 à la Cité de la Musique. Le conservatoire de la rue de Madrid devient un conservatoire à rayonnement régional. L’enseignement de l’Art dramatique continue dans les bâtiments de la rue du Conservatoire. L’établissement devient le Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Cette prestigieuse école forme les futurs comédiens du théâtre et du cinéma français.

L’ancien vestibule appelé "salle des colonnes"
©Didier Ryckner

La salle du Conservatoire

A la place du théâtre des Menus-Plaisirs du Roi, l’architecte François-Jacques Delannoy (1755-1835) construit en 1811 la salle du Conservatoire : c’est un magnifique théâtre à l’italienne   d’une capacité de 429 places.

Précédée d’un grand vestibule (appelé "salle des Colonnes") et d’un escalier à double volée, la salle en hémicycle conserve un magnifique décor pompéien. Œuvre des peintres Alexis-Joseph Mazerolles et Charles Chauvin, ce décor exécuté en 1828 est composé de guirlandes, de feuillages et de lyres. Au premier balcon, des médaillons d’auteurs dramatiques sont représentés ; au deuxième balcon des médaillons de musiciens sont représentés. Le théâtre est à l’heure actuelle la seule partie classée MH   (1921) du conservatoire.

La salle Louis Jouvet, ancienne bibliothèque

Conçue à l’origine pour accueillir des concerts symphoniques, la salle du Conservatoire est dotée d’une acoustique exceptionnelle. Elle sert de cadre aux ateliers des élèves du conservatoire. Restaurée en 1985, elle n’est malheureusement plus utilisée pour les concerts symphoniques pour des raisons de sécurité et de fragilité.

Outre ce théâtre, le conservatoire conserve d’autres éléments architecturaux intéressants : l’ancien bureau d’Hector Berlioz (qui y fut bibliothécaire) et au premier étage une ancienne bibliothèque devenue la salle Louis Jouvet utilisée pour les répétitions. Cette salle conserve de belles boiseries, une charpente et une poutre peintes.

L’ancien bureau d’Hector Berlioz
©Didier Ryckner

Les agrandissements du Conservatoire

En 1853, l’architecte Janniard est chargé de remanier l’ensemble des bâtiments, qui sont en partie vendus et amputés par l’ouverture de la rue du Conservatoire. Il édifie la longue façade Ouest donnant sur la rue du Conservatoire : très austère et sans grand intérêt, elle imite le style néoclassique. Dotée d’un curieux mur pignon   crénelé, la façade nord est ornée de masques et de lyres.

Le théâtre à l’italienne et son décor pompéien
©Didier Ryckner

La future Cité du Théâtre

En 2016, le président François Hollande annonce la création prochaine d’une Cité du Théâtre à Paris. Cette Cité va occuper à partir de 2022 les anciens magasins de décor de l’Opéra de Paris situés boulevard Berthier. Les 22.000 m2 du site seront dédiés à trois établissements :
. le Conservatoire National d’Art Dramatique, jugé trop à l’étroit sur son site historique de la rue du Conservatoire.
. la Comédie-Française, qui disposera ainsi d’une 4e salle.
. le théâtre de l’Odéon, qui dispose déjà sur place d’une 2e salle appelée "les ateliers Berthier".

La charpente peinte de la salle Louis Jouvet, ancienne bibliothèque
©Didier Ryckner

Un avenir incertain pour le conservatoire national d’Art dramatique

Mais voilà, pour financer les travaux de la cité du Théâtre, le gouvernement a imaginé de couper en deux le conservatoire !. Seuls le théâtre à l’italienne   et le bureau d’Hector Berlioz seraient conservés. La salle des colonnes, la salle Louis Jouvet et l’escalier seraient vendus et probablement détruits par l’investisseur qui en fera l’acquisition.

Le monde de la culture est vent debout contre ce projet de découpe d’un ensemble architectural cohérent, datant essentiellement de la 1ère moitié du XIXe siècle, auquel il faut ajouter plusieurs escaliers Art déco. L’association des élèves et anciens élèves du Conservatoire se mobilise donc pour faire classer l’ensemble du bâtiment et de ses décors. Parmi eux Philippe Torreton, Juliette Binoche, Jean-François Balmer, Valérie Bonneton, Agnès Jaoui, Thierry Frémont, Pierre Niney, Anny Duperey, Isabelle Huppert.

Une lettre ouverte a été adressée en 2018 à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, afin de l’alerter. Depuis, Franck Riester l’a remplacée, mais la survie du Conservatoire et son classement ne semblent pas encore garantis en ce début d’année 2020.

Pour l’architecte François-Jacques Delannoy, voir également la galerie Vivienne, l’hôtel de la Vrillière, le collège de Boncourt, les Bains Chantereine.

Sources :
Goldemberg (Maryse), Guide du promeneur 9e arrondissement, Paris, Parigramme, 1997.
www.latribunedelart.com/le-conservatoire-national-d-art-dramatique-un-monument-historique-en-danger


2bis rue du Conservatoire – M° Bonne Nouvelle – Tel : 01 42 46 12 91

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