L’abbaye
Port-Royal de Paris

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Port-Royal de Paris

L’abbaye Port-Royal de Paris : le cloitre avec la chapelle adossée au Nord

L’ abbaye Port-Royal des Champs

En 1204, Mathilde de Garlande fonde sur les conseils de l’évêque de Paris, Maurice de Sully, une abbaye cistercienne à proximité de la vallée de Chevreuse. Soutenue et financée par le pouvoir royal, elle porte le nom de Port-Royal des Champs.

L’un des foyers du Jansénisme

Face à son déclin, une réforme y est menée à partir de 1602 par la nouvelle mère-abbesse Angélique Arnauld appelée mère Angélique. Le monastère devient alors un haut lieu du jansénisme sous l’influence du théologien hollandais Jansenius. Cette doctrine très austère au sein du catholicisme se répand également chez certains savants comme Pascal qui s’y établit.

L’abbaye de Port-Royal de Paris

Port-Royal de Paris

En 1626, la communauté de Port-Royal des Champs quitte son abbaye pour fonder à Paris une nouvelle abbaye, Port-Royal de Paris. En effet, la présence de marécages autour de l’abbaye a décimé la communauté à cause du paludisme.

L’opposition du roi

Hostile à l’absolutisme royal, le mouvement janséniste inquiète Louis XIV et le pape par son rayonnement. De plus, le roi garde le très mauvais souvenir de la fronde parlementaire qui s’est déroulée quand il était enfant, et les principaux frondeurs adhèrent justement au courant janséniste. Sommées par le roi de faire acte de contrition, la plupart des religieuses refusent pourtant d’obéir et quittent l’abbaye parisienne. Elles se réfugient à Port-Royal des Champs. En 1708, une bulle pontificale ordonne la fermeture de Port-Royal des Champs : les bâtiments sont démolis et les religieuses dispersées dans d’autres couvents. La doctrine janséniste sera ensuite condamnée et interdite partout en France Cela mettra fin à la plus grande crise religieuse en France au cours du XVIIe siècle.

Les Visitandines

A partir de 1668, le monastère parisien est confié aux Dames de la Visitation. Leur mission est l’éducation des filles de bonne famille. En 1681, la duchesse de Fontanges, maîtresse en titre du roi Louis XIV, y meurt à l’âge de 20 ans en donnant naissance à un enfant prématuré.

La maternité Port-Royal

En 1795, la Convention fonde l’hospice de la Maternité : l’accouchement a pour cadre l’ancien noviciat de l’Oratoire et l’allaitement est organisé dans l’abbaye de Port-Royal. A partir de 1814, l’hospice de la Maternité prend le nom de maternité Port-Royal. En 1890, la clinique Baudelocque est créée sur un terrain adjacent à l’abbaye. En 1966, la maternité Port-Royal déménage dans de nouveaux locaux. Le cloître, la chapelle et la salle capitulaire sont intégrés à l’hôpital Cochin situé juste à côté.

L’abbaye Port-Royal de Paris : le cloitre et son jardin

Un superbe cloître planté

Invisible du boulevard de Port-Royal, le cloître bâti entre 1652 et 1655 conserve sur trois côtés sa galerie reposant sur des arches assez austères, à l’image du jansénisme. Côté nord, il s’adosse à la chapelle. L’ancien cloître avec son jardin planté est aujourd’hui un lieu paisible librement accessible au public.

L’abbaye Port-Royal de Paris : la chapelle avec son ancienne entrée située dans le bras gauche du transept

Une chapelle inachevée

La chapelle de l’abbaye a été édifiée entre 1646 et 1647 par l’architecte Antoine Le Pautre. Comprenant une nef simple, elle est couverte d’une voûte en berceau. L’entrée se faisait par le bras gauche du transept et non par la façade principale. Cette entrée a aujourd’hui perdu cette fonction à cause de la suppression du perron. Publié en 1652 dans le recueil des œuvres de Le Pautre, ce projet de chapelle prévoyait une riche façade avec portique. Elle n’a malheureusement pas été réalisée. Les religieuses habituées à la rigueur spirituelle ont probablement préféré tempérer l’ardeur de l’architecte. La mère Angélique Arnauld repose sous le chœur de la chapelle. La salle capitulaire des religieuses (non accessible) subsiste également à côté de la chapelle. Un portrait de la mère Angélique y est toujours accroché.

L’abbaye Port-Royal de Paris : le cloitre et son jardin

Pour l’architecte Antoine Le Pautre, voir également l’hôtel de Beauvais, l’hôtel de Gesvres.

Sources :
Hillairet (Jacques), Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Edition de Minuit, réédition de 1997.
Guide du Patrimoine Paris, sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Paris, Hachette, 1994.

L’abbaye Port-Royal de Paris : le cloitre et son jardin

Adresse : 123 boulevard de Port-Royal

Métro : Port-Royal (RER B)

Arrondissement : 14e

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