Pont de paris

Patrimoine ancien

Accueil > Patrimoine ancien > Archives Généalogiques Andriveau L’hôtel de Marcilly

Archives Généalogiques Andriveau L’hôtel de Marcilly


18 rue du Cherche-Midi – M° Sèvres-Babylone

6e arrondissement

L’hôtel de Marcilly est un élégant hôtel particulier construit sous Louis XV par Claude Bonneau, architecte des bâtiments du roi. Il abrite aujourd’hui les archives généalogiques Andriveau.

L’hôtel de Marcilly - Le bâtiment sur rue
©paris-promeneurs

Claude Bonneau, architecte des bâtiments du roi

En 1738, Claude Bonneau, architecte des bâtiments du roi, fait l’acquisition d’une brasserie connue sous le nom de « à la ville de Namur  ». La présence de cette brasserie n’est pas si étonnante car la rue du Cherche-Midi, conduisant au village de Vaugirard, est encore bordée de plusieurs tavernes à cette époque.

Cette rue du faubourg Saint-Germain commence à changer de physionomie à partir du XVIIe siècle : outre des congrégations religieuses, elle est habitée par de puissantes familles aristocratiques qui y élèvent de somptueux hôtels particuliers.

Bonneau habite à cette époque la rue de Sèvres. Il travaille notamment pour le compte du duc de Rohan et les religieux des théatins (voir le couvent des Théatins). L’architecte fait démolir la brasserie pour y édifier un hôtel particulier qu’il destine à sa fille, Madeleine Bonneau.

La façade sur cour de l’hôtel de Marcilly
©paris-promeneurs

Un parti architectural original

Implanté selon la tradition française, l’hôtel est construit « entre cour et jardin ». Sur la rue, le 1er bâtiment ne comporte à l’origine qu’un seul niveau. Sa façade est centrée sur un portail   à refends   sommé d’un cartouche. Répondant au style rocaille   des vantaux  , le superbe heurtoir est décoré d’un masque de grotesque, de coquille et de putti  .

La parcelle étant étroite, Bonneau conçoit un parti architectural original : situé en fond de cour, le logis présente une façade centrée sur un avant-corps ; cette façade s’incurve avec grâce et se prolonge par des pavillons placés aux angles. Les fenêtres suivent d’ailleurs la courbe de la façade et sont elle-même incurvées, un exemple rare à Paris. De chaque côté, des ailes basses destinées aux communs   rejoignent le 1er bâtiment donnant sur la rue.

La façade sur cour de l’hôtel de Marcilly
©paris-promeneurs

L’avant-corps central présente un décor sculpté d’une grande richesse. Constitué d’une travée unique, il est agrémenté de tables   de pierre, de cartouches aux clefs des baies. Le fronton triangulaire qui le couronne repose sur des consoles   doubles d’une belle facture.

La façade donnant sur le jardin est bien proportionnée. Elle est centrée sur un avant-corps comportant cette fois-ci deux travées : chaque baie est sommée d’une agrafe   finement sculptée dans le style rocaille  .

La façade sur le jardin de l’hôtel de Marcilly
©paris-promeneurs

Des décors intérieurs de grande qualité

Pour le décor intérieur, Claude Bonneau fait appel à un des meilleurs sculpteurs ornemanistes de son époque, Nicolas Pineau (1684-1754). Pineau est considéré comme l’un des inventeurs du style rocaille   français (la "version française" du style baroque, mais limitée à la décoration intérieure et à des éléments sculptés des façades). Il est d’ailleurs le sculpteur attitré de l’architecte Jacques Hardouin-Mansart de Sagone, ce qui laisse à penser que ce dernier a pu donner des conseils à Bonneau pour la construction de l’hôtel.

L’hôtel de Marcilly : le vestibule et l’escalier d’honneur
©paris-promeneurs

Bien que la demeure présente des proportions relativement modestes, l’architecte donne d’emblée au vestibule et à l’escalier une place primordiale, sans doute pour éblouir le visiteur. Ainsi, la cage d’escalier se déploie avec ampleur sur les trois niveaux de l’hôtel. Dessinée par Nicolas Pineau, la rampe en fer forgé est d’une virtuosité rarement égalée au XVIIIe siècle. Son départ, constitué de multiples arabesques, prend la forme assez inhabituelle d’un cartel.

Situé au rez-de-chaussée, le grand salon a conservé ses belles boiseries rocaille  . Les pièces sont placées en enfilade, conférant à l’hôtel une certaine ampleur. Au 1er étage, le salon central présente un décor postérieur d’époque Louis XVI : les lambris sont sculptés de perles, d’oves   et de feuilles d’acanthes. Les dessus de portes représentent des allégories   des quatre saisons.

La façade sur le jardin de l’hôtel de Marcilly
©paris-promeneurs

De prestigieux locataires

Madeleine Bonneau épouse en 1743 Jacques de Commines de Marcilly, seigneur de La Borde. Le couple n’habite jamais l’hôtel et, après l’avoir recueillie en 1769 dans la succession de Claude Bonneau, lui laisse son nom actuel. La demeure est louée en 1766 au marquis de Hautefort, ambassadeur à Vienne, puis en 1787 au marquis de Béranger, maréchal de camp.

Le départ de la rampe d’escalier en forme de cartel
©paris-promeneurs

Le comte Lambrechts, un aristocrate opportuniste

Après la mise sous séquestre pendant la Révolution, l’hôtel de Marcilly est récupéré par ses héritiers qui le vendent le 1er prairial an IX à Charles Lambrechts (1753-1825). Cet aristocrate belge va mener une habile carrière politique : à la faveur de l’invasion des Pays-Bas autrichiens par l’armée révolutionnaire, il acquiert la nationalité française. Fort ambitieux et habile, il est promu ministre de la Justice sous le Directoire, de 1797 à 1799.

Sous l’Empire, devenu comte, Lambrechts change de camp et devient à partir de 1804 un discret opposant à Napoléon 1er. Il n’en devient pas moins sénateur. En avril 1814, il vote la déchéance de Napoléon, avant les Cent Jours. Elu député sous la Restauration, il rédige pour le compte des parlementaires républicains un projet de constitution de la nouvelle monarchie en 1819.

L’hôtel de Marcilly : le portail
©paris-promeneurs

En 1843, l’Assistance publique à qui tous ses biens avaient été légués vend l’hôtel à Gustave Mailand, artiste peintre et collectionneur. Les murs de la demeure se parent pour quelques temps de toiles de grands maîtres : Rubens, Vélasquez, Fragonard, Van Loo, del Sarte, etc.

A cette époque, l’architecte Bonaventure-Amable Ravoisié effectue des travaux importants : le bâtiment sur rue est surélevé de trois niveaux dans un style classique qui s’intègre bien à l’ensemble.

L’hôtel de Marcilly : la rampe de l’escalier d’honneur
©paris-promeneurs

Les Archives généalogiques Andriveau

En 1881, les descendants Mailand cède l’hôtel de Marsilly à une importante étude généalogique dirigée par messieurs Pavy, Andriveau, Schaeffer et Pelletier fils. La famille Andriveau dirige seule aujourd’hui cette prestigieuse étude généalogique, la plus ancienne de France. Cette étude est spécialisée dans les recherches successorales, et non dans les recherches familiales.

A l’intérieur, l’hôtel conserve aujourd’hui pas moins de 200 millions de fiches d’état civil constituées au cours des XIXe et XXe siècles. Elles sont conservées dans d’impressionnantes bibliothèques anciennes situées au rez-de-chaussée. Les étages supérieurs abritent les bureaux des chercheurs et juristes.

La cour de l’hôtel n’est pas accessible. Entièrement occupé par le cabinet Andriveau, l’hôtel n’est pas ouvert à la visite.

Bibliographie :
BERTY (A.), Histoire générale de Paris. Collection de documents publiés sous les auspices de l’édilité parisienne. Topographie historique du Vieux Paris, Paris, 1876 et 1882, 2 vol. in 8°.
Le faubourg Saint-Germain, collection « Paris et ses quartiers », Henri Veyrier, 1987.
GOULAS (René), Paris qui reste, vieux hôtels, vieilles demeures. La rive gauche et l’île Saint-Louis, Paris, 1924, in-8°.
HILLAIRET (Jacques), Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, 1963.
LEBORGNE (Dominique), Saint-Germain des Prés et son faubourg, évolution d’un paysage urbain, Paris, Parigramme, 2005.
LELEUX (Fernand), Un démocrate inconditionnel, Charles Lambrechts, ministre de la Justice sous le Directoire, Paris, 1989, in-8°.


18 rue du Cherche-Midi – M° Sèvres-Babylone

VISITES GUIDéES
EN GROUPE

Découvrez toutes les visites, les  tarifs et comment réserver.

Visites historiques
Visites insolites
Visites des villages de Paris
Visites architecturales
Visites de jardin