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L’hôtel de Choudens Le White Ken


is21 rue Blanche – M° Blanche ou Trinité

9e arrondissement

Bâti en 1901 pour l’éditeur de musique Paul de Choudens, cet hôtel particulier est un exemple d’architecture de style Beaux-Arts. Longtemps occupée par la célèbre école de la rue Blanche, la demeure a été rénovée et va accueillir à partir de fin 2017 un club de sport haut de gamme, le White Ken.

L’hôtel Paul de Choudens - Photographie ancienne

Paul de Choudens, un célèbre éditeur

Originaire de Suisse, Antoine de Choudens (1825-1888) fonde une maison d’édition musicale en 1844. Il va publier deux œuvres qui compteront parmi les plus importants opéras français du XIXe siècle : Les Troyens en 1863 et Carmen en 1875. Son fils Paul dirige la maison d’édition à partir de 1892. Il fait publier de nombreuses œuvres lyriques, ainsi que les premières pièces pour piano de Debussy. La maison Choudens jouit alors d’une réputation prestigieuse.

L’hôtel Paul de Choudens : la façade sur rue

Un représentant du style Beaux-Arts

Comme beaucoup d’artistes de son époque, Paul de Choudens habite le quartier de la Nouvelle-Athènes. Domicilié rue de Milan, il souhaite se faire construire une demeure à la fois familiale et destinée à son activité d’éditeur. Il achète en 1899 un petit hôtel situé rue Blanche, appartenant à la veuve d’Arthur Péricault de Gravillon.

L’architecte du projet, Charles Girault (1851-1932), n’est pas n’importe qui. Grand Prix de Rome en 1880, il a remporté le concours pour la construction du Petit-Palais, à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900. Il est au fait de sa gloire et deviendra par la suite l’architecte officiel du roi des belges, Léopold II.

L’hôtel Paul de Choudens - La façade sur rue avant les travaux de rénovation
©paris-promeneurs

Girault s’affirme comme l’un des meilleurs représentants du style « Beaux-Arts » : ce style prône la symétrie, une conception monumentale des bâtiments publics, une forte tendance à l’éclectisme   (mélangeant néo-roman, néo-gothique, néo-renaissance, néo-byzantin, néoclassique) et une profusion de détails architectoniques (colonnes, pilastres  , guirlandes de fleurs, statues, balustrades, etc).

L’hôtel doit accueillir les appartements de la famille Choudens, des espaces de travail pour recevoir les musiciens et amateurs de musique, une salle d’archives, un grand salon d’audition.

L’hôtel Paul de Choudens pendant les travaux
©paris-promeneurs

Une façade éclectique

La façade sur rue témoigne d’une grande richesse décorative. Au rez-de-chaussée, les baies jumelées sont protégées par des grilles ; l’entrée est surmontée d’une belle marquise. Au 1er étage, les trois baies aux fenêtres arrondies éclairent le grand salon ; elles sont surmontées de guirlandes de fleurs.

Au second étage, une monumentale serlienne (inspirée de la Renaissance) annonce la présence de la salle d’audition tandis qu’un long balcon aux ferronneries ouvragées suit les courbes du niveau inférieur. La façade est couronnée par une corniche saillante surmontée de pots à feux dissimulant un toit terrasse.

L’hôtel Paul de Choudens : le plan du 1er étage

Un parti architectural classique

Girault organise le programme selon une répartition très classique : le rez-de-chaussée est dévolu à l’entrée et aux services (cuisine, office, pièces pour les domestiques).

Le 1er étage est réservé aux espaces de réception : fumoir, grand salon, galerie  , petit salon, salle à manger. Placés en enfilade, les pièces affectent différentes formes. Un jardin d’hiver attenant à la salle à manger ouvre sur la terrasse (à cause du dénivelé, le 1er étage donne à l’arrière sur un jardin de plein pieds). Comme au XVIIIe siècle, les chambres des maîtres de maison sont encore situées à l’étage de réception !

Au second étage sont regroupées les chambres des enfants, celle de l’institutrice et la salle d’étude. Visible au centre de la façade, la spectaculaire salle d’audition est haute de 7 mètres. Elle comporte à mi-étage une tribune accessible par un petit escalier.

Pour la décoration intérieure, Girault utilise les matériaux les plus nobles ; il multiplie les emprunts à l’architecture antique, Renaissance ou classique. Dans le vestibule, les murs sont décorés d’arcs outrepassés. Le grand escalier en pierre, doté d’une rampe de style Louis XV, est habillé de panneaux de marbre violet. La salle d’audition est décorée d’un plafond à caissons d’inspiration Renaissance.

L’hôtel Paul de Choudens : la rampe d’escalier

Le confort moderne

Si le plan de l’hôtel est classique, les techniques nouvelles offrent un grand confort : un ascenseur hydraulique relie le grand vestibule aux 1er et 2e étages. La maison est également équipée d’un monte-charge et un système d’alimentation, de filtrage et de chauffage de l’eau. Enfin, un calorifère à vapeur alimente chaque pièce en chauffage.

L’école de la rue Blanche

Le Centre de Formation Professionnelle du Spectacle voit le jour le 15 avril 1941, en pleine occupation allemande. Il s’agit de créer une école préparatoire destinée aux aspirants comédiens. Il n’existe alors que des cours privés pour se préparer au concours du Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique.

L’école s’installe d’abord au n°32 rue Flachat. Dès 1942, elle prend possession de l’hôtel de Choudens, au n°21 rue Blanche, qui va lui laisser son nom, « l’école de la rue Blanche ».

L’hôtel Paul de Choudens pendant les travaux
©paris-promeneurs

A partir de 1951, de nouvelles sections sont créées afin de réunir les différents corps de métiers du théâtre : électriciens-éclairagistes, régisseurs, habilleurs, décorateurs.

En juin 1969, l’école est transformée en lycée technique : elle s’appelle désormais l’École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT). En 1981, une salle est acquise pour servir de théâtre d’application : il s’agit de l’ancien théâtre du Grand Guignol, alors appelé théâtre Chaptal ou théâtre 347 (il dispose de 347 places). Il est inauguré le 21 mars 1981.

En 1993, l’ENSATT et l’école Louis Lumière de Lyon passent sous tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur. A cette époque, les cours de l’ENSATT sont répartis sur 9 sites dans Paris et la banlieue. En 1995 voit enfin le jour un département dédié à la création sonore.

Dans une volonté de décentralisation et d’aménagement du territoire, l’école se cherche une nouvelle terre d’accueil en province. La ville de Lyon, avec ses grandes institutions culturelles, la proximité avec Avignon, Genève ou l’Italie, s’impose rapidement. En septembre 1997, l’ENSATT inaugure de nouveaux locaux au n°4 rue sœur Bouvier à Lyon. De nouveaux départements vont s’ouvrir : mise en scène et écriture dramatique. Une 2e tranche de construction a été achevée en 2008.

Façade de l’hôtel Paul de Choudens pendant les travaux
©paris-promeneurs

Une opération de spéculation immobilière

En 2011, l’hôtel de Choudens, laissé à l’abandon, est cédé par la Ville de Paris à un marchand de biens, JGS Invest, pour la somme de 5,2 millions d’euros. Ce qui est bien en dessous des prix du marché : 1.100 m2 habitables et près de 260 m2 de jardin, soit un prix de 3.000 € le m2 !

Le White Ken

La rénovation de hôtel s’est achevée en 2017. Contre toute attente, la demeure a été transformée en club de sport haut de gamme, le White Ken, par l’équipe du Ken Club. Les adhérents disposeront de salles réparties sur les 1.100 m2, d’une piscine intérieure et d’un restaurant healthy. Les inscriptions devraient débuter fin 2017.

Pour l’architecte Charles Girault, voir également le Petit Palais, le mausolée de Pasteur.

Sources :
L’hôtel Choudens, Agnès Chauvin, www.lha.revues.org/224
www.ensatt.fr


is21 rue Blanche – M° Blanche ou Trinité

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