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Les derniers amants homosexuels exécutés en France


67 rue Montorgueil – M° Sentier

2e arrondissement

Une plaque posée rue Montorgueil rappelle la dernière condamnation à mort en France de deux amants pour homosexualité en 1750 .

Au niveau de l’immeuble du n°67 rue Montorgueil, une plaque au sol rend hommage à deux hommes au destin funeste…

Les derniers amants homosexuels exécutés en France : plaque au sol rue Montorgueil
©paris-promeneurs

L’homosexualité, un vice condamné sous l’Ancien Régime

Le 4 janvier 1750, Jean Diot, domestique âgé de 40 ans, et Bruno Lenoir, cordonnier âgé de 21 ans, sont surpris par l’agent du guet dans une posture qui ne fait laisse aucun doute sur la nature de leur relation intime.

Arrêtés puis jugés, ils sont condamnés à être brûlés vifs en place de Grève le 6 juillet 1750 pour acte d’homosexualité. Par clémence, ils sont d’abord étranglés avant de périr par les flammes. Ce sont les dernières personnes exécutées en France pour homosexualité.

Précisons que c’est « le crime de sodomie » qui est alors répréhensible. Il est aboli en 1791 pendant la Révolution française. Presque deux cent ans plus tard, le président François Mitterrand mettra enfin fin à la discrimination des homosexuels en 1982 : alors fixée à 21 ans, leur majorité sexuelle est abaissée à 15 ans comme celle des hétérosexuels…

Portrait du duc d’Orléans, frère de Louis XIV, par Claude Lefebvre ou Louis Ferdinand Elle l’aîné
©Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Le « vice italien », un comportement toléré dans la haute aristocratie

En France, l’homosexualité était surnommée le « vice italien » depuis sa vogue pendant la Renaissance italienne. Et elle était beaucoup plus tolérée à la Cour et dans l’aristocratie que dans les autres couches de la population. Ainsi, le duc d’Orléans, Monsieur, frère de Louis XIV, ne cachait pas son inclinaison pour les hommes. Il aimait se travestir en privé et entretint une longue relation avec le chevalier de Lorraine. Son épouse, la princesse Palatine, rebaptisa d’ailleurs le « vice italien » en « vice français » car il régnait alors à la Cour du Roi Soleil.

La grande aristocratie n’était pas en reste. Prélats, grands militaires étaient pour un certain nombre « au poil et à la plume », comme les qualifiait le mémorialiste Saint-Simon. Ce qu’on traduirait aujourd’hui par « à voile et à vapeur ».

En 1682, une société secrète fut même créée : « la confrérie italienne ». Rassemblant uniquement les homosexuels appartenant à la grande aristocratie, ce « club » fit un véritable scandale à la Cour. Le propre fils du roi, le comte de Vermandois, issu d’une relation avec Mademoiselle de La Vallière, était de la partie (fine).

Tombé dans la dévotion depuis son union morganatique avec Madame de Maintenon, Louis XIV, furieux, fit interdire la confrérie et renvoya princes et grands seigneurs sur leurs terres. Seul leur rang élevé leur permit d’échapper à des condamnations.

Et de citer la morale de La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Un constat d’impunité qui n’a pas complètement disparu dans les élites actuelles, même si fort heureusement la justice semble faire aujourd’hui beaucoup plus preuve d’équité.

Sources :
www.louvrepourtous.fr/A-Versailles-le-frere-tres-gay-de,159.html
www.slate.fr


67 rue Montorgueil – M° Sentier

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